21-09-2021

La scolarité associée au travail des enfants

Je me suis rendue dans la banlieue de la capitale pour retrouver une petite famille de fabricants de briques pour apporter quelques cahiers et des trousses garnies. Ce métier saisonnier s’exerce dans les rizières asséchées, en attendant la montée des eaux pour le repiquage des jeunes plants de riz. C’est un travail très dur qui implique tous les habitants des villages alentour, y compris les enfants.

Certains d’entre eux sont scolarisés mais pendant les vacances, ils travaillent avec leurs parents et les autres membres de leur famille pour gagner de quoi payer les frais et les fournitures scolaires pour la rentrée qui approche. Les parents les éduquent pour qu’ils prennent conscience du prix de leur privilège de recevoir une instruction, afin d’avoir une meilleure vie que la leur ! En effet, même si l’instruction est obligatoire à Madagascar, dans les faits, seule une minorité peut envoyer ses enfants à l’école car tout ou presque est payant, et cela n’est hélas pas à la portée de tous !

Les adultes transportent les briques cuites et prêtes à être livrées, sur leur tête ou sur leur dos, à travers des passages boueux et glissants. Ils sont là de 5h à 16h et sont payés au nombre de briques transportées (environ 0,00022cts euros/brique). Les enfants les comptent et les entassent à mains nues avant l’arrivée du client. Ils sont aussi chargés de puiser de l’eau qu’ils transportent dans des bidons de 10 à 15 litres, pour donner à boire aux ouvriers à qui ils distribuent aussi de la nourriture pendant leur demi-heure de pause. Les plus grands gardent leur petit frère ou petites sœur pendant que les parents sont à la tâche. La famille reste ensemble ! Chaque enfant prend sa tâche à cœur et l’accomplit avec le sourire, et la bonne humeur est au programme ! Ils sont très fiers de participer et expriment leur joie par des chants et des danses !

J’étais touchée par le courage, le sérieux, la détermination pour atteindre leurs objectifs, mais aussi par la solidarité, et la joie d’accomplir le travail demandé malgré la pénibilité et le salaire dérisoire qu’ils acceptent sans rechigner. Quelle belle leçon pour moi et quelle belle journée enrichissante que je tenais à partager avec vous !