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« Afin que vienne sur vous tout le sang juste qui a été répandu sur la terre, depuis le sang d'Abel le juste, jusques au sang de Zacharie, fils de Barachie, que vous avez tué entre le Temple et l'autel. » Matthieu 23/35

Beaucoup de braves gens  n’aiment pas trop que l’on dérange leurs habitudes de foi, leur petit confort de croyant avec des mises en lumière de faits bibliques qui les bousculent. Personne n’aime vraiment se remettre en cause, remettre en question sa foi (même si sur l’essentiel nous sommes presque tous d’accord) et je découvre avec ce feuilleton que finalement beaucoup n’apprécient guère que l’on mette en lumière des évidences bibliques. 

Percer leur bulle avec l’aiguille de la réflexion les bouscule trop. J’ai ainsi entendu des choses du genre : « N’avez vous pas peur de décrédibiliser la Parole de Dieu avec vos textes » ?  Mais pourquoi moi, ces histoires sont toutes dans la Bible depuis des lustres et la Bible n’a rien perdu de son crédit pour autant ! 

Ce qui au fond, signifie dans des termes choisis : « Il faut cacher ce qui dans la Bible fait un peu honte, s’il vous plaît » ! Mais pourquoi, puisque Dieu en parle ? Et que tout compte fait c’est à peu près 80% de l’histoire biblique qui est là. 

D’ailleurs, le premier a avoir évoqué des affaires criminelles, deux en particulier, c’est Jésus lui-même. Il parle du meurtre d’Abel et de celui de Zacharie et il  va même jusqu’à dénoncer les coupables. Ce qui déjà à l’époque va fortement déplaire. 

Ce que Jésus fait là, c’est ce que nous faisons à notre tour, tout simplement parce que la Bible est extrêmement moderne, qu’elle relate des histoires au schéma parfaitement actuel, qu’elle met en évidence des êtres humains avec leurs misères, leurs défauts et leurs faiblesses. C’est la même Bible qui parle de l’amour que Dieu porte aussi bien aux criminels qu’aux victimes et tout ceci nous dérange vraiment beaucoup. Mais voyez avec Dieu, SVP, pas avec moi. 

Le texte mis en exergue peut sembler parfaitement injuste d’ailleurs. Les gens de la génération de Jésus n’avaient (encore) tué personne, soyons  honnêtes, ni Abel, ni Zacharie. En aucun cas, ces crimes ne leur sont imputables d’aucune manière et ils ont d’excellents alibis : « ils n’étaient pas nés » !

Pourquoi Jésus les accuse t-il alors ? Et surtout pourquoi réagissent-ils aussi violemment ! Ils n’avaient qu’à faire valoir leur alibi ! Tout simplement parce que Jésus met le doigt sur les instincts criminels qui sont profondément enfouis dans le cœur de chacun d’entre nous. Profondément enfouis pour certains, nettement mois enfouis pour d’autres et pour d’autres encore, à fleur de peau. Et là, on n’aime pas ça du tout. 

Et puis Jésus estime (avec raison) que si eux, n’ont tué personne concrètement parlant, ils ont construit les mausolées, justifié le crime en ne le dénonçant pas et n’ont jamais éprouvé le besoin de repentance à l’égard des crimes de leurs pères. 

Mais enfin pourquoi Jésus parle-t-il de cela, est-ce bien constructif, c’est quoi la finalité de rappeler ces meurtres, de remuer cette boue, de mettre en évidence un pan entier de la nature humaine, celle du criminel en puissance ? La réponse est simple, c’est l’histoire de l’humanité résumée là en deux crimes, commis au nom de la jalousie d’une part et au nom de Dieu d’autre part, ou si vous préférez et pour être plus juste, au nom d’une conception différente de la religion, très moderne en réalité non ?

L’instinct de mort n’est pas le propre de Mesrine, il était déjà là dans le cœur de Caïn, dans celui des bons juifs religieux qui, bousculés par les propos de Zacharie vont, au lieu de réformer  leurs voies, le liquider ! Et oui, rien n’a changé au fond : « Tu me déranges par ce que tu dis, ce que tu penses, ce que tu écris, ce que tu dessines alors je vais te tuer » ! Certes, la plus part du temps (et heureusement) avec des paroles, des critiques, des jugements, mais je vais te tuer quand même ! 

Très peu de gens avoueront avoir déjà pensé à tuer leur prochain, soit pour une queue de poisson sur la route, à cause d’une insulte, d’une injustice ou juste par antipathie. Dans ce registre je ne connais que des « saints » ! La réalité est tellement plus sombre. 

Jésus n’était absolument pas gêné de parler « des crimes dans la Bible », pourquoi le serais-je ?  Il y a beaucoup à dire, beaucoup à apprendre et beaucoup à découvrir sur la nature profonde de l’humain et sur l’étrange histoire d’amour de Dieu avec ces derniers. 

Samuel Foucart

L’avis du juriste :

S’il est un terme galvaudé de nos jours, c’est bien celui de « crime« , qu’il ne faut pas prendre au pied de la lettre ni associer systématiquement à hémoglobine.

Juridiquement, le terme crime a une signification bien précise. 

Rappelons tout d’abord que le droit pénal est une branche du droit qui répertorie et sanctionne les comportements socialement inacceptables que sont les infractions pénales.

Ces infractions sont réparties en trois catégories, selon leur gravité.

 

En bas de la hiérarchie se trouvent les contraventions, pour lesquelles on encourt jusqu’à 3000 euros d’amende. Il s’agit de transgressions des règles de vie en commun, mais ne  se limitent pas aux infractions à la sécurité routière. On y trouve les diffamations, injures, violences volontaires sans ITT etc.

Elles sont, elles aussi,  subdivisées en 5 classes, selon leur gravité, gravité qui déterminera  le montant de l’amende encourue.

Le tribunal de police juge des contraventions. 

Puis viennent les délits, qui constituent une transgression d’une norme sociale importante. La sanction va d’une peine de 3750 euros d’amende à 10 ans de prison.

Il s’agit des vols, port d’arme, agression sexuelle etc.

Jugés par le tribunal correctionnel, ils ne sont pas tous sanctionnés par une peine de prison ferme.

La dernière catégorie regroupe les crimes, infractions les plus graves du droit pénal. Les peines vont de 10 ans d’emprisonnement  à la perpétuité.

Les crimes sont eux mêmes répertoriés en plusieurs catégories:

 

- Atteinte aux personnes : meurtres, assassinats, viols..

- Atteintes aux biens : vols avec violences, escroqueries

- Atteintes à la sécurité de l’état : terrorisme, complot, espionnage.

La cour d Assises juge des crimes.

Sans conteste, le meurtre et l’assassinat, qui n’est autre qu’un meurtre avec préméditation, sont les crimes les plus médiatisés, faisant l’objet d’études psychologiques, sociologiques et juridiques en nombre.

Ceci s’explique par l’extrême gravité, et le caractère irréversible et dramatique d’ôter la vie de quelqu’un.

D.A T.G.I. de GRENOBLE

 

L’avis du psychologue :

Les recherches en psychologie explorent de nombreux domaines dont « l’envie de tuer » qu’évoque cet article. Une étude faite au Royaume-Unis révèle que plus d’une personne sur deux a déjà pensé à tuer un proche. Heureusement, cela reste de l’ordre du fantasme pour la grande majorité de ces gens qui reviennent vite à la raison. En effet, une balance décisionnelle s’établie rapidement entre le gain de céder à cette pulsion et ses conséquences.

Si une idée telle que celle-ci passe dans votre tête, pas de panique vous n’êtes pas anormal ! Cette envie de tuer peut simplement être l’expression d’une colère, d’une angoisse ou encore d’une peur.

Il faut toutefois rester vigilant dans le cas où l’idée se fixe, où une personne fait souvent allusion à l’envie de tuer et à ce que l’on pourrait ressentir à le faire. Consulter un professionnel est alors préconisé. Un diagnostic peut alors être établit car certains troubles psychologiques, tel que la schizophrénie, peuvent être à l’origine de ces pensées. L’hospitalisation peut également empêcher une personne proche du passage à l’acte de commettre l’irréparable.

ALEXIS DAMMAN (psychologue)

 

Idéologiquement parlant :

Le fait de se remettre en question, que ce soit au niveau de sa vie quotidienne ou de sa foi est un thème très actuel. On utilise d’ailleurs  l’expression : « quitter sa zone de confort » en permanence dans notre société pour tout et n’importe quoi. Comme si le fait de prononcer cette phrase nous permettait immédiatement d’être à la mode.

 

Pourtant les choses ne sont pas si simples. Bousculer son quotidien, n’est pas toujours évident car c’est la remise en question de nos certitudes. Si on n’y réfléchit, cette mise en doute nous pousse à la réflexion, permettant d’analyser, interpréter les choses, s’intéresser à ce qui nous dérangerait également. Ce serait donc la contribution à une vie plus riche, épanouie, et le fait de devenir acteur de sa vie.

Les crimes dans la Bible, mais aussi ailleurs, ne sont pas anodins. C’est un moyen de réfléchir sur une situation, une attitude, une époque. Et comme le dit le pasteur S .Foucart, la Bible est moderne, et les histoires actuelles ne sont pas vraiment différentes. Le fait que certaines dérangent,  nous permets de chercher et éventuellement de trouver des réponses. Bien sûr il faut s’y préparer.

Le crime fait finalement partie de notre histoire, de ce que nous sommes. Je suis d’ailleurs toujours étonné qu’on enseigne l’histoire des peuples, des civilisations en parlant principalement des guerres qui sont des crimes de masse ! La politique est également influencée par le crime, la période actuelle nous montre même que certains tuent encore « au nom de dieu ».L’histoire montrerait-elle que l’homme serait un criminel en puissance qui s’ignore ou qui n’aurait pas le courage de passer à l’acte? 

Peut-on pour autant dire que le crime fait partie de la vie ? Je ne le  pense pas, mais son histoire nous permet certainement de mieux nous connaître et d’avancer sur notre chemin spirituel qu’il soit religieux ou pas.

 

Sandrino Gazzetta (Professeur à la NEOMA Business School de Rouen, Reims et Paris. Université de Rouen)

 

La parole est à la défense :

 

Plaidoirie en faveur de la famille du prophète Zacharie

 

La famille de Monsieur Zacharie a souhaité que je les représente au cours de ce procès visant à juger les assassins de ce prophète exemplaire.

Mon client a été tué pour avoir exercé son droit d’expression ! Finalement rien à changer de nos jours. Les « dérangeants », les enseignants, les lanceurs d’alerte sont les cibles privilégiées de tous ceux qui, animés par la haine, la jalousie, les fausses religions sèment le chaos autour d’eux et considèrent comme une mission divine de liquider les « accoucheurs » de la pensée critique.

Mais qui était mon client? Un homme de foi qui a vécu en 520 avant Jésus Christ et contemporain de Josué, Zorobabel et du prophète Aggée.

Que disait-il ? Il exhortait les juifs à reprendre le travail de restauration du Temple et les encourageait également  à revenir au seul vrai Dieu et à rechercher la sainteté.

Pourquoi devait-il être tué ? Parce qu’il gênait trop de monde ! Il osait remettre en cause les droits acquis, bousculant les habitudes religieuses, exhortant à négliger les affaires du monde pour se polariser sur la reconstruction du temple. Mon client s’est donc fait naturellement beaucoup d’ennemis : les religieux, les marchands, les politiciens corrompus, les collabos !

Cette ligue hétéroclite de comploteurs haineux prononça la peine capitale envers mon client.

Comment ce mari aimant, ce père attentionné, cet amoureux de la Torah a-t-il pu ainsi être victime de ces religieux barbus imbus d’eux-mêmes, pourfendant l’anathème à coups de hache et de scie, excitant les âmes faibles à pratiquer le sacrifice suprême ?

Zacharie était un éveilleur de consciences, il était un enseignant de la parole qui n’hésitait pas à transmettre les oracles de Dieu à ses « élèves » avec cette pureté d’âme qui le caractérisait et sans jamais se soucier des conséquences. 

Se serait-il tu, s’il avait su que son message allait entrainer sa mort ? Non, certainement pas ! Il était d’une trempe d’hommes exceptionnels ; il n’avait pas peur des hommes et encore moins de ces religieux enroulés dans leurs fausses certitudes privilégiant la tradition et les liturgies au détriment de la Parole.

La famille du défunt affligée et effondrée par le chagrin et que je représente est drapée dans un linceul de dignité. En qualité de conseil, je peux dire et écrire en solidarité avec cette famille : « Je suis Zacharie », « je suis enseignant de la Parole ».

Les obscurantismes ne passeront pas et ils ne détruiront jamais la liberté d’expression !

Mon client a rejoint le long cortège de tous les sacrifiés à cause de la vérité qui ont égrené l’histoire du peuple juif, mais également de l’Eglise en commençant par Jean Baptiste et Etienne !

Ces hommes qui comparaissent aujourd’hui devant votre Cour sont pitoyables. Pétris par la méconnaissance, la haine et l’obscurantisme, manipulés par des religieux sans scrupules qui télécommandent à distance ces âmes faibles, ces assassins doivent être jugés et condamnés. Mes clients ne souhaitent pas se constituer partie civile ; ils ne veulent pas d’argent pour dédommager leurs souffrances. Ils attendent simplement que la justice soit faite et que cet homme entré glorieusement dans le panthéon des martyrs soit, à l’occasion du procès de ces assassins, honoré, et reconnu comme un homme libre, de cette liberté qui dérange et déstabilise les âmes suffisantes en proclament haut et fort les directives de Dieu !

 

Maître F.F. du barreau de Rouen