20/ Série "les noms de Jésus" : Jésus le Saint - 2 ème partie

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Jésus le Saint   Actes 3/14

« Vous avez renié le Saint et le Juste, et vous avez demandé qu'on vous accordât la grâce d'un meurtrier »

Introduction : c’est sur la première partie de ce nom composé « le saint et le juste » que nous allons nous arrêter ;  l’un des noms donnés à Jésus est le SAINT.

  1. Seul Dieu est saint !

Selon la Bible il n'y a que Dieu à être saint. Le mot hébreu "qadôch" (saint) renvoie à l'idée de séparation, de distinction, d'altérité. Dieu est mystérieux et terrible.

 

  • « Nul n'est saint comme l'Eternel » et Anne ajoute : « Il n’y a point d’autre Dieu que toi » !
  • « Ils criaient l'un à l'autre, et disaient: Saint, Saint, Saint est l'Éternel des armées ! Toute la terre est pleine de sa gloire! » Esaïe 6/3
  • « A qui me comparerez-vous, pour que je lui ressemble? dit le Saint. » Esaïe 40/25
  • « Tes yeux sont trop purs pour voir le mal, et tu ne peux pas regarder l'iniquité. Pourquoi regarderais-tu les perfides, et te tairais-tu, quand le méchant dévore celui qui est plus juste que lui? » Habakuk 1/13
  • « Je suis l'Éternel, votre Saint, le créateur d'Israël, votre roi. » Esaïe 43/15
  • Liste non exhaustive, j’aurais pu ajouter bien d’autres textes à ceux-là.
  • Ce qui nous conduit à un premier constat de taille : Jésus est parfaitement Dieu il est le Saint, exactement de la même manière que le Dieu de l’Ancien Testament ou par ailleurs que le Saint-Esprit.

 

  1. Jésus est donc le SAINT de Dieu :
  • Un tel enracinement donne une force extraordinaire aux expressions qui désignent Jésus comme le "Saint de Dieu".
  • Les esprits mauvais qu'Il affronte le reconnaissent : "Je sais qui tu es : le Saint de Dieu", crie le premier possédé que Jésus guérit Marc 1/ 24. Cela se passe dans la synagogue de Capharnaüm, c'est le début de la proclamation de l'Évangile et les paroles de Jésus révèlent à cet homme divisé (il utilise le pluriel : "que nous veux-tu ?") l'impureté qui l'emplit et le sépare de Dieu.
  • D'une autre manière, c'est en des termes semblables que Pierre proclame l'identité de celui qui peut nourrir des foules et dont les paroles promettent la vie éternelle : "Nous avons cru et nous avons connu que tu es le Saint de Dieu" Jean 6/ 69.
  • Enfin, après la Pentecôte, c'est dans le Temple – très exactement au portique de Salomon – que l'auteur des Actes fait dire à Pierre qui s'adresse au peuple "Vous avez refusé le Saint et le Juste" Actes 3/ 14.
  • Juste, Jésus était non coupable. Juste, il a surtout manifesté, par ses actes, la grâce et la miséricorde divine ; ressuscité, il continue de le faire puisque c'est "au nom de Jésus le Nazaréen" que Pierre a guéri un infirme.

 

  1. Que signifie la SAINTETE  de Jésus ?
  • La nôtre on la résume très rapidement à l’idée de ne pas faire le mal, se conduire bien et c’est déjà beaucoup. Concernant Jésus nous avons trois pistes au moins dans ce qui précède.
  • Il est le SAINT face à l’impureté que le diable, l’enfer et le péché véhiculent dans le monde et dans la vie des êtres humains. Les démons ne s’y trompent pas, jamais !
  • Il est le Saint parce qu’il n’a jamais péché. Encore une fois ce genre de vérité nous parle bien plus que toutes les autres. « Car nous n'avons pas un souverain sacrificateur qui ne puisse compatir à nos faiblesses; au contraire, il a été tenté comme nous en toutes choses, sans commettre de péché. » Hébreux 4/15
  • Il est le SAINT de Dieu puisque ses œuvres sont empreintes d’une dimension miraculeuse qu’un être humain ne saurait accomplir. Souvent la sainteté de Dieu est constatée suite à ses miracles. On partait du principe suivant à son époque : « Dieu n’exauce pas les pécheurs », Jean 9/31. Puisque Dieu exauce Jésus, qu’il est derrière lui, qu’il confirme sa parole et ses œuvres, il est l’inverse d’un pécheur, il est plus qu’un saint, il est le saint de Dieu.
  • J’en profite pour préciser que Dieu n’exauce pas les pécheurs, sans repentance, sans pardon, sans Jésus, qui s’adressent à lui au nom de leur religion, de leurs mérites ou de leurs œuvres Luc 18/13 et 14 : « Le publicain, se tenant à distance, n'osait même pas lever les yeux au ciel; mais il se frappait la poitrine, en disant: Ô Dieu, sois apaisé envers moi, qui suis un pécheur. »
  • Jésus est le SAINT au sens où il triomphe du mal sous toutes ses formes.
  • Jésus est le saint de Dieu au sens de la piété. On sait que Jésus avait une vie de piété personnelle qu’on découvre au détour de quelques pages de l’Evangile et dans le livre aux Hébreux 5/7 : « ayant été exaucé à cause de sa piété. » L’influence sanctifiante de la piété est soulignée par Paul dans sa première lettre aux Corinthiens 7/14 : « Car le mari non-croyant est sanctifié par la femme, et la femme non-croyante est sanctifiée par le frère ; autrement, vos enfants seraient impurs, tandis que maintenant ils sont saints ».

 

  1. Les hommes et la sainteté ?
  • C’est intéressant de noter qu’un autre a droit aux mêmes termes que ceux utilisés à propos de Jésus « Le Saint et le Juste », mais avec une nuance de taille :
  • « Hérode craignait Jean, le connaissant pour un homme juste et saint; il le protégeait, et, après l'avoir entendu, il était souvent perplexe, et l'écoutait avec plaisir. » Marc 6/20 Il ne s’agit pas du tout d’un problème de syntaxe  ou de vocabulaire. Pour qu’un être humain soit considéré comme SAINT, il faut qu’il soit JUSTE, ce qui n’est pas simple. Jésus est d’abord parfaitement SAINT et il pratique ainsi la justice et est capable de rendre saint.
  • Matthieu 27/52 : « Les sépulcres s'ouvrirent, et plusieurs corps des saints qui étaient morts ressuscitèrent. » Qui étaient-ils ? Sur quelles bases leur sainteté est-elle ainsi proclamée ?  Un texte bien étrange et assez controversé. Certains ne voient que les suites matérielles d’un tremblement de terre ayant renversé les tombes, mais l’explication est insuffisante. D’autres y voient un récit de résurrection (il y en a 8 dans toute la Bible), non pas en vue de la vie éternelle comme Jésus, mais d’une vie provisoire de mortel comme Lazare. Ce qu’il faut retenir c’est que la sainteté pendant notre vie marque aussi notre mort et notre éternité, elle ne se perd pas avec la mort.
  • Justement la notion catholique de sainteté est trompeuse et tronquée. La confusion flagrante entre le 1er et le 2 novembre par exemple : la Toussaint, la fête de tous les saints et le lendemain le jour des défunts prouve à quel point nous n’identifions la sainteté qu’à la vie après la mort.
  • Saint après la mort c’est facile, une fois mort plus personne n’est tenté de faire le mal.
  • Saint pendant sa vie, d’après l’Evangile n’est absolument pas réservé à une élite choisie mais à ceux qui donnent leur vie au Saint de Dieu :
  • « Vous avez été sanctifié (rendus saints) 1 Corinthiens 6/11
  • Romains 1/7 : « A tous les bien-aimés de Dieu qui sont à Rome appelés à être saints », de leur vivant et après leur mort.
  • « Tout le mal que Saul a fait à tes saints à Jérusalem » Actes 9/13, pas aux morts, aux vivants.
  • Jude 1/3 : « la foi transmise aux saints une fois pour toutes »
  • « Des coupes d’or pleines de parfum, les prières des saints » Apocalypse 5/8
  • Ephésiens 6/18 : « Intercédez pour tous les saints » et jamais « Intercédez tous les saints » ! Nuance de taille
  • En réalité nous prétendons bien souvent être saints pour plaire à Dieu et nous cherchons à atteindre cet objectif avec nos moyens, ceux que la religion nous propose, avec notre moralité. N’a t’on pas si souvent entendu « Je me ferai baptiser quand ma vie sera impeccable »…..mais ça n’arrivera jamais, ça n’existe simplement pas ; personne n’a jamais baptisé de saint !
  • La réalité évangélique, biblique, le message de Jésus c’est venez à moi tel que vous êtes, je vais vous donner ma sainteté en vous purifiant par mon sang à vous de l’entretenir par votre foi, votre piété, votre vie d’humilité.