J'ai deux amours

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Juges 14/1 à 3 et Juges 16/4

« Prends-la pour moi, car elle me plaît. »

« Après cela, il aima une femme dans la vallée de Sorek. Elle se nommait Délila. »

« J’ai deux amours »

Introduction : Si Joséphine Baker pouvait chanter cela, Samson aurait pu aussi le faire bien qu’il semble compliqué d’avoir deux amours en réalité. Que nous apprennent concrètement les deux amours de la vie de Samson ?

  1. Deux aspects de l’amour :
  • Qu’ils vaudraient sans doute la peine de réexpliquer à nos jeunes gens et peut-être bien aussi au moins jeunes.
  • La première femme dont il nous est parlé à propos de Samson est une anonyme (ce qui n’est jamais bon signe en matière d’amour). Elle plaisait à Samson.
  • La seconde on connaît bien son nom, on connaît sa profession et la relation d’intimité qu’elle avait avec Samson. Il l’aimait.
  • Baser une relation de mariage sur le simple fait que « l’autre me plaît » est extrêmement risqué, insuffisant et passera très vite. Il faut que l’amour du cœur fasse la différence. D’ailleurs à propos de Délila il n’est pas fait mention de ses qualités esthétiques. Quand on aime la femme de sa vie, on s’aperçoit souvent qu’elle ne correspond pas forcément à des critères qu’on fixait avant.  Que Délila ne soit pas son genre est secondaire, il l’aime. C’est très cruel pour sa femme.
  1. Une nuance de taille :
  • Nuance de taille. Il y en a une qui plait au héros biblique, c’est juste une attirance physique, sexuelle. Sa plus jeune sœur était même plus belle qu’elle, la beauté n’est donc même pas le critère de « sélection ». Son attitude, son caractère, son charme interpellait Samson.  En fait il lui trouvait de l’intérêt (ce qui en y réfléchissant est terrible). Mais elle va l’aimer en vain.
  • La seconde, l’esthéticienne, il va l’aimer, mais visiblement ce n’est guère réciproque. On peut d’ailleurs penser qu’elle va se conduire avec Samson comme ce dernier s’est conduit avec sa première femme. Il n’est jamais parlé de relation sexuelle avec Délila tant l’amour peut sacraliser une femme. Un homme amoureux (même pas illégitimement en ce qui le concerne, puisqu’il est veuf) c’est très bête et très vulnérable, la preuve. Elle touchera l’équivalent de 250 000°€ pour le livrer.
  • Dans le premier cas, lorsque la personne aura fini de vous plaire, tout simplement parce que nos goûts changent tout au long d’une vie, on la rejettera, c’est d’ailleurs ce que Samson va faire avec sa femme en la négligeant au point que son père la remariera ; dans le second, voir avec les yeux de l’amour change absolument tout. On idéalise l’objet de l’amour, les défauts deviennent des qualités, d’ailleurs il n’y a plus de défaut, plus rien de négatif.
  1. Trois domaines de notre vie où il nous appartient de savoir ce qu’est la qualité de notre amour :
  • Outre le couple où j’espère que chacun sait où il en est vraiment voilà 3 domaines où il est important de savoir si mon amour est seulement intéressé ou passionnel ?
  • La bénédiction de Dieu, elle me plaît ou je l’aime telle qu’elle est ?  Tant de croyants ont une approche de la bénédiction divine qui n’est que celle de Samson avec sa première femme « Elle me plaît » ! C’est la baraka, le succès, la réussite, la prospérité, la gloire, la santé etc. Tout ce qui découle de là me plaît. Mais quand Dieu béni comme lui l’entend et que cela ne nous convient plus, nous sommes-nous des amoureux de la bénédiction de Dieu, sans condition, sans discussion et sans restriction ? C’est souvent là qu’on rencontre les vrais adorateurs et les autres !
  • La personne même de Dieu : Comment aimons-nous Dieu ? Est-ce qu’il nous plaît ! Parce qu’il s’attache à notre éducation, notre culture, notre famille ou à une période de notre vie où il nous a sortis de notre misère ? Ou est-ce que nous l’aimons comme Samson aimait Délila, gratuitement, passionnément, sans rien exiger de lui et lui disant tout, en ne lui cachant rien et en se remettant entre ses mains ?
  • L’église locale ? Est-ce qu’elle me plaît parce que la musique y est bonne ? Le pasteur sympa ? Les locaux agréables ? Les réunions pas trop longues ?  Ne croyez surtout pas que j’invente, ce sont de plus en plus des critères de sélection. Il ne faut pas que ça change du coup et voilà pourquoi certains pasteurs s’attachent vraiment à être dans l’air du temps, à la pointe de la modernité en permanence.  Ou bien est-ce que je l’aime comme j’aime le Dieu de mon église locale, avec le cœur, avec l’âme avec la passion amoureuse ? Ce n’est peut-être pas la plus belle, la plus grande, celle dont on parle le plus, mais je l’aime gratuitement, d’un amour inconditionnel. Et je ferais tout pour qu’elle ne manque jamais de rien ! Cette relation avec mon église locale n’a rien d’anodin, alors vous l’aimez comment ?

Conclusion : le pauvre langage des hommes peut nous faire qu’avoir deux amours c’est possible mais en réalité Jésus à raison lorsqu’il déclare : « Nul ne peut servir deux maîtres. Car, ou il haïra l'un, et aimera l'autre; ou il s'attachera à l'un, et méprisera l'autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mamon. » Matthieu 6/24