L'amour couvre toutes les fautes

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Proverbes 10/12

« La haine excite des querelles, mais l'amour couvre toutes les fautes. »

L’amour qui couvre les fautes

Introduction : je crois qu’il est important de bien comprendre ces textes bibliques qui font allusion au fait de couvrir les fautes.

 

  1. Couvrir les fautes ?
  • On peut couvrir une faute par amour, on vient de le voir mais aussi par corruption, par compromission, parce que l’autre qui a fait faute sait des choses sur nos fautes à nous et pourrait les révéler par exemple.
  • Ce texte du livre des Proverbes met l’accent sur tout autre chose. La dimension d’amour signalée ici n’est pas juste émotionnelle, mais spirituelle. De quel amour parle-t-on, qui manifeste cet amour qui couvre les fautes, est-ce que toutes les fautes doivent être couvertes ?
  • Il est manifestement indéniable que certaines personnes n’aiment rien d’autre que de pointer du doigt les fautes des autres, de les dénoncer, ou bien encore de « tenir » les autres par ce sinistre moyen. Et puis la nature humaine aime le scandale, le dévoilement de la vie privée et de la faute des autres ! Ce n’est pas à notre avantage mais c’est une réalité.
  • Couvrir toutes les fautes ? Il ne faut pas commettre l’erreur de l’Eglise catholique avec les scandales de pédophilie. Couvrir les fautes certes, mais la justice des hommes qui régit nos sociétés n’envisage pas les choses ainsi et nous n’y pouvons rien. Il y a donc le pardon spirituel et parfois  les comptes à rendre à la justice des hommes. L’un n’empêche pas l’autre !

 

  1. Qui manifeste cet amour ?
  • Indéniablement il s’agit de l’amour de Dieu avant tout autre chose. Dieu est amour et il aime pardonner notre péché, effacer nos fautes, les ôter grâce au sacrifice de Jésus, les jeter au fond de la mer. Il n’y a pas plus grand amour que l’amour de Dieu qui reste inaccessible à la raison humaine et qui ne peut pas se mesurer ni se comparer à nos conceptions de l’amour. La croix de Jésus c’est la démonstration de l’amour de Dieu qui s’attaque au péché, à la faute, à la culpabilité.
  • Mais ce serait trop facile de penser qu’il n’y a que Dieu qui soit concerné, l’être humain l’est aussi, du moins celui qui connaît le cœur de Dieu, qui est un familier de l’Eternel, qui fréquente sa présence et qui se laisse influencer par lui. 1 Pierre 4/8 « Avant tout, ayez les uns pour les autres une ardente charité, car la charité couvre une multitude de péchés ». On retrouve l’idée évoquée par Jésus dans l’Evangile : « Alors Pierre s'approcha de lui, et dit : Seigneur, combien de fois pardonnerai-je à mon frère, lorsqu'il péchera contre moi ? Sera-ce jusqu'à sept fois ? Jésus lui dit : je ne te dis pas jusqu'à sept fois, mais jusqu'à septante fois sept » ! Bien au-delà d’une quantité chiffrable il est bien question d’un pardon sans limite.
  • Et puis l’Eglise est appelée à couvrir toutes les fautes et surement comme elle a eu trop tendance à le faire, à les rappeler et à les dévoiler publiquement. Proverbes 17/9 « Celui qui couvre une faute cherche l'amour, et celui qui la rappelle dans ses discours divise les amis. » 

Et là nous avons le pendant de notre texte d’introduction. C’est par amour qu’on couvre une faute ; mais couvrir une faute favorise l’amour. Il s’agit donc d’un cercle vertueux.

  • Cette vérité est d’ailleurs décrite par Jésus dans les évangiles : « C'est pourquoi, je te le dis, ses nombreux péchés ont été pardonnés car elle a beaucoup aimé. Mais celui à qui on pardonne peu aime peu. » Luc 7/47. Cette femme aime Jésus parce qu’elle a pris conscience de l’étendue du pardon qu’il lui a accordé ! Jésus a couvert ses fautes par amour pour elle et en retour elle aime ce Dieu-là. Il n’y a dans ce texte aucune notion méritoire ; la traduction peut parfois le laisser penser. Son amour n’est pas intéressé, elle n’aime pas Jésus pour qu’il la pardonne, elle l’aime parce qu’il l’a pardonné, nuance de taille !

 

  1. La part de Dieu et la part de l’homme : Jacques 5/20
  • « Mes frères, si quelqu'un parmi vous s'est égaré loin de la vérité, et qu'un autre l'y ramène,qu’il sache que celui qui ramènera un pécheur de la voie où il s'était égaré sauvera une âme de la mort et couvrira une multitude de péchés. »
  • Nous sommes tous d’accord pour dire que c’est Dieu, par Jésus qui pardonne le péché, mais ce texte de Jacques met l’accent sur le rôle important de l’église en matière de salut. Aucune église ne sauve, aucune dénomination, aucun pasteur, mais le travail de l’Eglise c’est de collaborer au salut de Dieu dans la vie des humains.
  • C’est Jésus qui sauve ; la repentance elle est à l’égard de Dieu, la confession des péchés aussi, mais ce texte montre à quel point la charge spirituelle de l’église est importante dans le salut d’un être humain.
  • 2 Corinthiens 2/10 : « Or, à qui vous pardonnez, je pardonne aussi; et ce que j'ai pardonné, si j'ai pardonné quelque chose, c'est à cause de vous, en présence de Christ, afin de ne pas laisser à Satan l'avantage sur nous, car nous n'ignorons pas ses desseins. » L’Eglise a un rôle à jouer dans le salut d’une personne.
  • Son message c’est le pardon ! Son travail c’est le pardon ! Son ambition c’est d’amener au pardon de Dieu ! Sa tâche c’est de lutter contre la culpabilité attachée au manque de pardon. Conduire au pardon, rester dans le pardon, vivre le pardon et amener à pardonner !
  • Bien sûr que c’est Jésus qui ôte le péché du monde, mais vous et moi pouvons sauver une âme et couvrir une foule de péchés en étant fidèle au message de l’Evangile. Jean 20/23 « Ceux à qui vous pardonnerez les péchés, ils leur seront pardonnés; et ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus. » La responsabilité est donc très grande.

 

Conclusion : L’amour qui couvre toutes les fautes, ce n’est donc pas uniquement la part de Dieu, même si c’est d’abord sa part. L’Eglise est donc individuellement et collectivement partie prenante dans cette dimension de pardon et il lui appartient de couvrir les fautes.