img_articles

Ok ! Pour l’humilité on veut bien, mais pour le doute, là, un pasteur ne se doit pas d’écrire pareilles inepties. 

Pourtant et malgré les temps qui courent, temps plus que troublés, il faut reconnaître que ce n’est ni l’humilité ni les doutes qui en étouffent certains.

Jamais nous n’avons eu autant de pseudos « sachants » qui ont des réponses à tout, tout le temps et qui ne laissent guère de chances aux ignorants, osant avouer « qu’ils ne savent pas » ! 

Aujourd’hui, plus on est effronté, arrogant et méprisant, plus on est invité sur certains plateaux de télévision.  Les « sachants » se réclament d’ailleurs de plus en plus des, je cite « experts », qui malheureusement se révèlent par trop souvent, être à coté de la réalité du terrain. 

Aujourd’hui, quand on est un homme politique, un scientifique, un économiste, un juriste, un historien ou  un homme d’église, oser dire « Désolé,  je ne sais pas répondre à votre question, certaines choses m’échappent » c’est être taxé d’incompétence. Alors qu’il s’agit simplement d’une marque d’humilité et d’intelligence. 

La science infuse, avoir réponse à tout, est inquiétant au demeurant.  On peut envisager avoir un embryon de réponse, estimer qu’une réponse est une option de la vérité, ou bien mettre des nuances dans son propos, mais il faut avouer que cela devient rare. Et malheur à celui  qui s’y colle, face aux arrogants « sachants » de notre temps. 

C’est à partir de là que je me permets de dire qu’il nous appartient de redécouvrir les vertus du doute.  Entre une personne qui a réponse à tout,  tout le temps et sur n’importe quel sujet et quelqu’un qui avoue « qu’il ne sait pas », ma sympathie, mais aussi ma confiance, vont finalement vers le second. 

A l’heure de l’info en continu (trop d’information, tue l’information), à l’heure des vérités absolues, définitives (pour quelques heures au moins) et implacables, souvent démenties dès le surlendemain par d’autres « sachants »plus « savants » que les précédents, le doute n’est pas un péché, c’est un devoir ! 

Que dire des derniers sondages sur n’importe quel sujet (homme politique et quote de popularité, saumon de la Baltique cancérigène, vins frelatés du Sud-Ouest, virus chinois, crise économique etc.) qui vont être contredits en l’espace de 48 h par d’autres du même genre, sur les mêmes questions, mais affirmant exactement le contraire. Ne doutez surtout pas de Dieu ni de sa parole, mais des sondages vous devez douter, c’est un devoir pour ne pas finir schizophrène. Je vous en supplie, DOUTEZ !

D’ailleurs, je me demande comment les entreprises de sondages peuvent encore exister de nos jours. Je ne souhaite le mal de personne, surtout pas des gens qui y travaillent, mais quelle honte, quelle manipulation admise par presque tout le monde et puis que de ratages gigantesques ces dernières années. Moi, naïvement, je m’attends à voir ces entreprises couler à pic, eh bien non ! Elles se portent à merveille. Il faut dire que le financement vient souvent d’en haut, de très haut même, enfin politiquement parlant j’entends. 

Mais comment peut-on encore citer dans un article ou  un reportage, une enquête sérieuse, ces estimations des instituts de sondage relevant plus de la voyance que d’une science exacte ? Je dois avouer que je reste pantois  et pourtant! A croire que cela nous plaît que l’on nous raconte des histoires à dormir debout, avec le ton des certitudes absolues et la mine professorale du « sachant », qui s’écoute parler avec plaisir, distillant son savoir aux ignorants que nous sommes !

L’humilité c’est de reconnaître que l’on ne sait pas, parfois, souvent ! Que l’on  n’a pas de réponse toute faite à donner aux gens qui nous interrogent, en tout les cas que l’on en n’a pas encore en l’état actuel des choses. Il n’y a pas de honte à cela.

Le doute pour les citoyens d’aujourd’hui, mais plus spécifiquement pour les croyants évoluant dans nos sociétés minées par la manipulation, c’est un devoir absolu ! Je le redis, pas le doute qui est le contraire de la foi qui sauve, mais le doute qui est l’inverse de la crédulité qui gobe tout. C’est d’ailleurs tellement vrai que l’on  est désarçonné parfois face aux âneries racontées par certains prêcheurs venus d’Afrique ou d’ailleurs, s’adressant à un public ayant banni tout sens critique au nom d’une foi trop souvent dite « évangélique », qui n’a rien à voir avec celle préconisée par Jésus. Mais pas besoin d’aller si loin, certains orateurs tout ce qu’il y a de français, sont capables avec du bagout, une exploitation de l’émotion très étudiée, larmichette à l’appui et une autorité plus ou moins débonnaire, de faire avaler des couleuvres à tellement de gens sincères, mais néanmoins naïfs. Ces derniers seront trompés parce qu’ils croient tout et n’importe quoi et qu’ils ont banni le doute positif de leur vie, de leur foi, de leur intelligence et de leur réflexe. L’esprit critique ayant été banni, ils croient tout et n’importe quoi.  C’est à en pleurer ! 

Doutez mes frères, doutez, Dieu ne vous en voudra pas ! Et osez dire « Je ne sais pas », parce que cela c’est être un être humain normal. 

Samuel Foucart