Jésus et les distanciations sociales - 1ère partie

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Jésus et les distanciations sociales ?

« À ce moment-là, ses disciples arrivèrent ; ils étaient surpris de le voir parler avec une femme. » Jean 4/27

Introduction : on voit qu’en la matière Jésus ne respectait absolument pas certaines règles culturelles, religieuses, morales ou même sanitaires et c’est surprenant et en même temps ça ne l’est pas, il est Emmanuel, Dieu avec nous, Dieu qui vient vers nous, qui descend jusqu’à nous.

  1. Avec les femmes
  • Dans ce texte Jésus déroge au moins par quatre fois aux règles en vigueur en matière de distanciation. D’abord en matière de distanciation sociale. Jésus parle avec une femme ce qui semble étonner, voire surprendre pour ne pas dire choquer les disciples. En plus il est seul avec elle et même si l’endroit est public, Jésus fait tomber cette barrière-là avec joie.
  • Dans un second temps il renverse la barrière morale, puisqu’il parle avec une femme ayant très mauvaise réputation et très mauvaise presse. D’ailleurs si elle sort chercher de l’eau à l’heure la plus chaude de la journée ce n’est pas par hasard, c’est pour éviter de croiser les autres femmes de la ville. Ses multiples mariages, conquêtes, aventures, relations en avaient fait une paria. Plus grand monde ne devait lui adresser la parole dans cette ville. Jésus parle à ceux qui sont rejetés, dont la vie n’est pas en règle avec la morale et qui ont mauvaise réputation et la conscience bien trop chargée.
  • Troisièmement, Jésus renverse la barrière culturelle. Cette femme samaritaine appartenait à une région, à un peuple extrêmement mal considéré par les Juifs de Jérusalem et d’ailleurs. Il y avait à cette époque, les Juifs bons teints de Jérusalem (par exemple) les galiléens très mal vus et puis les samaritains. Le racisme ambiant était latent et très fort. Jésus le refuse, le rejette.
  • Enfin et quatrièmement, Jésus renverse avec joie les distanciations religieuses fixées depuis des siècles par la religion juive à l’égard de la religion des samaritains. Ne me demandez pas trop les différences, elles sont relativement anodines, mais elles existaient et servaient un peu plus à mettre de la distance entre les êtres humains. Jésus balaie tout ceci en précisant que le plus important n’est pas la pratique de la religion, ni même la doctrine mais le Dieu qu’on adore.
  1. Jésus avec les pécheurs ?
  • On accusait Jésus de fréquenter les gens de mauvaise vie, les collecteurs d’impôts, les prostituées. C’est lui, bien au-delà de toutes considérations morales ou religieuses qui passera outre tout ceci, choquant parfois ses auditeurs.
  • Avec, par exemple, la femme adultère de Jean 8 qu’il sortira d’un bien mauvais pas.
  • Avec Zachée, où il devra affronter les reproches de la population de Jéricho.
  • Avec la femme prostituée des évangiles qui répandra du parfum sur sa tête.
  • Et même jusqu’aux dernières minutes de sa vie en entretenant le contact avec un brigand repentant.
  1. Jésus avec les malades ?
  • On voit régulièrement dans les évangiles Jésus s’approcher des malades sans crainte et sans précaution particulière. C’est certain qu’aujourd’hui il ne serait absolument pas dans l’air du temps ou l’hygiénisme est à la mode et fait même partie de l’arsenal juridique.
  • L’épisode qui m’a toujours le plus impressionné est celui de Luc 5/12 et 13 : « Alors que Jésus était dans une des villes, un homme couvert de lèpre le vit, tomba le visage contre terre et lui adressa cette prière : Jésus étendit la main, le toucha, et dit : je le veux, sois pur. Aussitôt la lèpre le quitta. ». Jésus n’avait-il pas peur de la contagion ? Jésus savait ce que la science a mis en évidence depuis.
  • La lèpre ou « maladie d’Hansen », n'étant pas héréditaire, et l'infection congénitale étant exceptionnelle, la diffusion en est due uniquement à la contagion. Il ne faut pas oublier que la majorité des lépreux ne sont pas contagieux, et que la maladie se contracte seulement au contact des malades bacillifères. Chez ces derniers, les bacilles sont émis en grande quantité par le nez, la bouche, les voies respiratoires supérieures, et la peau, surtout lorsqu'il y a ulcération.

La pénétration du bacille se fait par voie cutanée, à la faveur d'une excoriation, ou de frottements répétés. Ainsi les premières lésions sont situées sur les parties du corps habituellement découvertes : visage et mains. Il sait ce que nous ne savons pas notre Dieu.

  1. Avec les démons
  • Indirectement avec eux, parce que d’abord avec les gens possédés. L’Evangile n’a jamais émis le moindre doute quant à la réalité de la possession. Par contre il n’a jamais exagéré non plus la portée du phénomène ; il y avait les malades et les possédés.
  • Jésus ne s’est jamais conduit avec les possédés comme une « vierge effarouchée », il ne redoutait pas le diable, les démons, au contraire ce sont eux qui le craignaient, y compris même lorsqu’ils sont une légion, soit 5 000 unités.
  • A aucun moment on voit Jésus courir après les démons, mais lorsque sa route les croise, ou qu’ils lui sont amenés, il ne déroge pas à sa conduite habituelle, ne les fuis pas, ne s’en préserve pas, ne les redoute pas l’ombre d’un instant d’ailleurs ; il ne discute même pas avec eux mais les chasse et c’est tout. Tant de gens ont peur de tout et souvent de rien dans ce domaine et ignorent leur capacité en Christ Jésus.
  1. Avec les autorités de son pays.
  • Jésus prenait ses distances avec les autorités de son pays en qui visiblement il n’avait guère confiance. Ce qui peut sembler contradictoire au regard de l’ensemble de la doctrine évangélique, nous réclamant la soumission à l’autorité.
  • Pourtant Jésus payait son impôt, même s’il ne se privait pas de souligner de manière très politique qu’il le trouvait abusif. Il allait même jusqu’à dire ce qu’il pensait du souverain Hérode, l’assassin de son cousin : « C’est un renard » et pourtant il est dit dans la loi de Moïse « Tu ne parleras pas mal du chef de ton peuple », mais en réalité Jésus ne parlait pas mal d’Hérode il le décrivait parfaitement.
  • Il tiendra tête aux juges de son époque lorsqu’il sera frappé par eux et dira à Pilate qu’il n’aurait aucun pouvoir si Dieu ne le lui avait donné, ce qui était extrêmement courageux. Beaucoup trop de gens confondent « soumission à l’autorité » et dévotion coupable. Jésus s’est toujours tenu à distance de ces gens-là mais il ne respectait pas certaines distances au point de ne pas dénoncer leurs injustices.
  1. Avec la religion :
  • Très présente à l’époque, très influente, la religion, la justice et la police n’étaient qu’un ; c’est dire si les conflits d’intérêts étaient légion. On le verra lors de la passion, tout ce mélange et pourtant tout est légal mais loin d’être moral pour autant.
  • Jésus se tiendra à distance des chefs religieux qui eux pourtant cherchaient sa présence (Nicodème par exemple). En réalité Jésus avait compris la futilité de leurs démarches. Ils voulaient juste confronter leurs opinions à la sienne et le piéger.
  • C’est la religion, qui au nom d’un Dieu qu’ils ne connaissent pas qui fera crucifier Jésus, un comble.
  1. Jésus est ses amis.
  • On voit Jésus très proche de ses amis ; un jour sa tête sur le cœur de Jean, un autre dans une barque avec les disciples ou seul avec deux d’entre eux sur une montagne ou dans une maison de deuil.
  • Ils les avaient choisis, il les connaissait et pourtant on sait que l’un d’eux va le trahir (on n’est jamais trahi que pas ses amis), un autre va le renier, la plupart vont le lâcher. Etonnant que Jésus n’ait pas mis plus de distances avec ses amis-là.
  • Et pourtant comment nous aurait il comprit quand nous sommes trahis, abandonnés, lâchés par nos amis. Il mangeait avec eux, vivait avec eux, partageait leur crainte et leur joie, connaissait leur famille. Moi j’imagine plus un Jésus indépendant de toute forme d’amitié, pas besoin de ça et pourtant.

Conclusion : Jésus n’était pas un maître en matière de distanciation sociale, loin s’en faut mais à chaque fois il y a un message pour nous aujourd’hui.