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Si l’eugénisme, par définition, est le nom qui résume les moyens mis en œuvre en vue d’améliorer la race humaine, on peut indéniablement affirmer que le premier « eugéniste », bien avant les idées de DARWIN ou celles des savants américain et anglais  GALTON et DAVENPORT (tous trois protestants),  c’est Dieu lui -même. Il faut donc, dans ce cas précis,  parler d’eugénisme au sens le plus noble de ce terme.

L’Evangile a pour but d’améliorer la race humaine par des « techniques » spirituelles  :  celle par exemple de la repentance, de la conversion mais surtout de la nouvelle naissance (Jean 3/7). Pierre, l’apôtre, parlera de cette expérience comme étant, je cite, « une régénération » (1 Pierre 1/23), c’est à dire qu’au moment de la nouvelle naissance, la carte génétique est transformée en bien. Paul écrira à propos de la religion en général, qu’elle était finalement sans grande importance, mais que l’essentiel était, je cite, « d’être une nouvelle création » (Galates 6/15). Et là, pas question de jouer aux apprentis sorciers, Dieu sait ce qu’il fait. 

L’expression utilisée dans l’Ancien testament, « un cœur nouveau » (Ezéchiel 36/26 et 1 Samuel 10/9), évoque déjà l’idée de cette nouvelle naissance, en des termes simples, mais qui touchent au tréfonds de l’être humain et de sa nature. 

Une étonnante prière sera faite par deux personnages des évangiles, l’anonyme femme syro-phénicienne et le SDF Bartimée. (Matthieu 15/22 et Marc 10/47). Dans le texte original, leur prière se résume ainsi: « Jésus, Fils de David, aie pitié de moi, MATRICIE-MOI » en d’autres termes :  « fais moi rentrer dans la matrice, change mon code génétique, améliore ma nature misérable, fais de l’eugénisme positif ».

Que personne ne s’y méprenne pour autant, jamais Dieu n’a demandé à ce que les chercheurs, les savants, les biologistes ou autres idéologues politiques ou apprentis sorciers de toute espèce ne viennent lui donner un coup de main pour « améliorer la race humaine ». 

Je ne saurai trop vous encourager à vivre cette expérience de la nouvelle naissance, qui n’a rien de religieuse mais est bien du domaine réservé de Dieu, une expérience spirituelle à part entière. 

Contrairement aux idées reçues, l’eugénisme n’a pas été mis au goût du jour par le  Nazisme, mais ce sont les américains qui ont imaginé le concept, et plus particulièrement des chercheurs d’origine protestante, s’appuyant sur le fait que Dieu cherchant à améliorer la race humaine par la conversion, ils pouvaient envisager de le faire par la science. Folie ! 

Adolph Hitler dans son livre-programme Mein Kampf avait estimé qu’il fallait reprendre et perfectionner l’idée de l’eugénisme et l’appliquer à grande échelle. Ce qu’il fera malheureusement. 

En 1933, les américains seront outrés face au programme des Nazis à ce sujet, mais  découvriront avec stupeur que 27 des 48 Etats de l’Union avaient déjà voté la stérilisation forcée pour les déficients mentaux. 

L’eugénisme part  donc, à la base, d’un bon sentiment : « créer un homme meilleur pour avoir un monde meilleur », mais sans Dieu, sans l’Evangile et sans le Dieu de l’Evangile. 

Sur le principe,  qui peut être contre ?  Les dérives dangereuses des bonnes intentions sont légion mais celle-là est édifiante. L’eugénisme, dès son apparition, fut confronté au dysgénisme (suppression des gènes défectueux dans une population), une régénération sans l’action du Dieu qui seul peut régénérer. Faire l’œuvre de Dieu sans Dieu n’a jamais été très bon pour l’humanité.  

Le mot "eugénisme "vient d’une contraction  de deux mots grecs signifiant l’un « naître » et l’autre « bien ». Ce terme hybride dit tout. A l’origine de ce principe idéologique d’abord et scientifique ensuite, on trouve un américain Francis GALTON et un anglais Charles DAVENPORT, qui estimeront l’un et l’autre que le darwinisme et son principe de « sélection naturelle » n’étant pas satisfaisant, il fallait aider la nature. La science devait s’en mêler!  Améliorer la race humaine sans l’aide de Dieu en éliminant les tares. 

Vous l’avez compris, l’influence des fondamentalistes protestants américains n’y sera pas pour rien dans l’avènement de cette idéologie. 

Nous étions alors au début du 20° siècle et les bases de la génétique moderne, venaient d’être posées. Après avoir travaillé sur des petits pois, puis sur des poules afin d’améliorer la race et la production, ce sera donc le tour des moutons, des vaches et puis des humains.  Sélectionner les plus beaux spécimens, les plus robustes, les plus intelligents, selon les critères décrétés par quelques personnes s’octroyant ce droit, et ce, dans le but avoué et revendiqué de créer le paradis sur terre en éliminant le mal à la base. Je vous laisse juge. Les Nazis reprendront à leur compte ce principe en inventant la race aryenne ou du moins son concept. 

Curieusement et involontairement, l’eugénisme et l’économie font plutôt bon ménage. Quand on sait que, par exemple, l’économiste français  Pierre-Joseph Proudhon estimait que les guerres, les épidémies, les grandes catastrophes naturelles favorisaient l’économie en diminuant la population d’une part et en relançant les marchés d'autre part. On comprend mieux pourquoi les deux font la paire.

En mars 2019 une députée écologiste Néerlandaise a sérieusement posé la question de la fin du remboursement des soins pour les plus de 70 ans ! Elle a fait scandale, au moins provisoirement, puisque la Belgique s’est ouvertement posée la même question quelques semaines plus tard. Et la France alors ? La question a été évoquée par une députée du parti majoritaire et ce, le plus sérieusement du monde, sans pour autant provoquer une levée de bouclier, ce qui aurait dû être le cas. L’eugénisme peut aussi passer par une forme d’euthanasie ne disant pas son nom. Rajeunir une nation en « éliminant » les plus vieux peut sembler choquant a priori en terme moral, mais cela l’est beaucoup moins en terme économique et politique.

Nous devrions tous nous sentir concernés par l’amélioration de la race, de la société, de notre pays, mais la seule réponse valable jusqu’à aujourd’hui, ce n’est ni le cynisme politique, ni le jeu risqué des biologistes, mais l’expérience de la nouvelle naissance proposée par Jésus dans l’Evangile. Pourquoi ne pas la tenter ? 

 

Samuel Foucart