img_articles

Le bobo béat, le facho et le gaulois réfractaire !

Voilà, simplifié, qui seront les votants à la présidentielle de 2022. Je résume ce qu’on entend depuis déjà deux bonnes années. Mais je m’empresse de poser la question : a-t-on le droit de ne pas se reconnaitre dans cette caricature du corps électoral en France à l’aube d’avril 2022 ?

Personnellement, je ne me reconnais dans aucune de ces trois formules proposées. Par contre, je sais que la nature humaine aime beaucoup classifier son prochain. Je m’en garde bien et je vous invite à en faire autant, puisque cela s’apparente à porter un jugement  de valeur sur autrui. Ce qui est contraire à l’enseignement évangélique : Romains 14/13 : « Ne nous jugeons donc plus les uns les autres (…) » ou bien encore : Jacques 4/11 : « Ne parlez point mal les uns des autres, frères. Celui qui parle mal d'un frère, ou qui juge son frère, parle mal de la loi et juge la loi. Or, si tu juges la loi, tu n'es pas observateur de la loi, mais tu en es juge. »

En ce qui concerne l’église où je travaille, je n’ai croisé ni de bobo béat, ni de facho et pas davantage de Gaulois réfractaire. 

N’empêche que la « France qui vote » ne pourra jamais (et fort heureusement) se résumer à ces caricatures. Personnellement je prie pour que cette liberté et cette grâce que Dieu nous fait, de vivre dans un pays démocratique (il l’est encore) ou voter est un droit et un devoir, soit le moyen d’exprimer le plan de Dieu pour cette nation.

Le bobo béat se reconnaît à sa grande capacité à n’avoir aucune opinion à lui, a répéter celle qui est à la mode cette semaine, mais aussi à voir des fachos partout.  Voilà on le reconnaît facilement. Il parle wokisme, droits des LGBT, des minorités, milite pour la binarité de genre, lutte pour le climat mais prend son diesel pour aller chercher son pain au bout de la rue. On connaît à peu de chose près son vote. Impossible de discuter avec lui, n’ayant aucun argument valable, il botte en touche systématiquement en traitant son interlocuteur de facho dès qu’il ne sait plus quoi répondre et qu’il est contredit. Il votera pour l’équipe sortante, pour je cite « la continuité » mais ne lui demander pas quelle continuité, il n’en sait rien !

Vous me direz peut-être « Mais pasteur, là tu juges » ! Ah mais non je narre, je constate, j’évoque, j’explicite !

D’ailleurs le facho, parlons-en ! Ces derniers mois, refuser d’être vacciné (ce qui jusqu’à preuve du contraire reste un droit reconnu par l’Etat), faisait de vous un facho de la pire espèce, à la limite du crime contre l’humanité. Oser dire que les mesures sanitaires en place, relevaient parfois du grotesque, vous renvoyait au rang du fascisme absolu et d’affreux complotiste. Plus récemment, pour faire carrière dans le fascisme, vous n’aviez qu’à agiter soit un drapeau français dans la rue, soit un drapeau russe et hop, vous voilà fasciste ! Simple non ? Même simpliste, voir simplet comme réflexion.  Le facho (selon certains), c’est celui qui ne s’extasie pas devant les idées écologistes de déconstruction du mâle blanc, d’écriture inclusive ou du sapin de Noël stigmatisé. Le facho ne regarde pas BFMTV, ose se faire son opinion par lui même, remet en question la dictature des sondages. Bref il n’est pas sortable, pas fréquentable et pas raisonnable ! Le plus inquiétant c’est que les fachos en questions sont toujours désignés par des gens venant de la gauche au sens large de ce terme.  « Tu ne penses pas comme moi, tu es un facho ! », ce qui pourrait s’apparenter à une dictature de la pensée, mais je vous laisse libre de votre réflexion à ce sujet.

C’est ainsi qu’on a vu un candidat, dont j’éviterai de prononcer le nom pour rester aussi neutre que possible, proposant un programme quasi similaire à celui du Général de Gaulle (adapté à notre époque évidemment) être traité de « facho », de « candidat d’extrême droite », ou encore de « raciste », pendant des mois sans aucune raison valable. Mais le facho est tendance chez le bobo de gauche comme dans les médias. Le pire à mes yeux ce sont ceux qui relaient de telles inepties sans rien avoir vérifié, pesé, contrôlé et qui jouent là  à un jeu bien dangereux.

Enfin il y a le Gaulois réfractaire, sans doute existe-t-il, mais c’est aussi une formule utilisée à bon escient dans le but de discréditer les Français qui estiment avoir le droit de penser autrement. Est qualifiée de Gaulois réfractaire, la personne émettant des doutes sur le bien-fondé d’une politique sanitaire, qui depuis a été largement mis en cause par son inefficacité. Le Gaulois réfractaire porte dans l’imagerie populaire du moins, un gilet jaune, est « anti-vax », « anti-pass » et votera pour les extrêmes (gauche ou droite) et c’est un complotiste, qui ne supporte pas l’Ukraine contre la Russie, dernier crime de lèse-majesté à la mode. C’est tellement facile, tellement commode. Et pourtant ça marche encore !

Au lieu de passer notre temps à juger les autres d’une manière ou d’une autre, ce qui je le rappelle est contraire à l’enseignement de Jésus, nous occupions ce temps à comprendre où est notre intérêt en matière de vote. Au lieu de choisir dans l’isoloir, sans recul, sans réflexion, sans discernement, sans comparaison et sans intelligence (Eh oui, il y a des gens qui vote pour un candidat parce qu’il est beau, ça fait peur), nous prenions la mesure de ce qui nous est proposé. Et si nous cherchions la face de Dieu afin qu’il nous donne sa pensée, sa conviction et sa direction ?

Je ne suis ni un Gaulois réfractaire (bien qu’on ne se refasse pas), ni un fasciste de la pire espèce et encore moins (mais ça vous vous en doutiez) un bobo béat, mais je revendique le droit de pouvoir penser par moi-même, de contredire la « vérité officielle » quand cela est nécessaire et même le droit d’être d’accord avec le gouvernement quand les décisions sont bonnes (ce qui malheureusement tend à être une denrée rare). En fait, l’Évangile de Jésus-Christ a fait de moi un être humain libre (Jean 8/36), mes pensées captives (2 Corinthiens 10/5) ont été mises en liberté, je revendique donc ce droit dans tous les compartiments de ma vie, y compris lorsqu’il s’agit de voter pour et dans mon pays.

« Pourquoi, en effet, ma liberté serait-elle jugée par une conscience étrangère? » 1 Corinthiens 10/29, y compris sur le plan de mes convictions politiques, sociétales ou idéologiques.

Pensez à vos enfants et à vos petits enfants et voteZ bien !

Samuel Foucart