img_articles

Démocratie et dés pipés

Très récemment (septembre 2021) il était possible d’apprendre pour qui s’informe un peu autrement que via les canaux traditionnels, que la nouvelle directrice de l’institut ELABE (études et sondages entre autre chose) n’est autre que l’ancienne directrice de presse d’Emanuel Macron, alors ministre de l’économie, Madame Laetitia Driss.

 Le mensonge peut prendre tellement de forme et ce depuis toujours. Dans le jardin d’Eden, celui que Jésus appelle « le père du mensonge » (Jean 8/44), n’a finalement pas menti ouvertement à Eve. Notre conception du mensonge, consistant à croire qu’il n’est que le fait de ne pas dire la vérité est une erreur grave. En Eden le Satan n’a pas menti comme nous l’envisageons, il a menti par suggestion : « Dieu a t-il réellement dit » (Genèse 3/1). D’ailleurs, notez au passage qu’il ne s’en prendra pas à Dieu, (pas fou le diable) mais à sa parole.

Alors que des échéances importantes concernant notre pays, notre démocratie approchent à grands pas, il est important de savoir discerner le vrai du faux. Ce qui, il faut bien l’avouer, semble ne pas être un jeu d’enfant, tant les dès sont pipés.

C’est assez basique et j’en conviens plutôt désabusé, mais force est de reconnaître que : « les hommes politiques doivent mentir sinon tu ne voterais pas pour eux » ! Triste réalité certes, mais réalité quand même. A partir de là, l’utopie chrétienne consisterai à dire : « je vais voter pour celui qui ne ment pas ! ». C’est effectivement utopique ! Alors pourquoi ne pas voter pour celui qui ment le moins ? Là encore, bon courage. Se résigner à voter pour le moins pire des candidats est un aveu d’échec que je refuse à titre personnel. Et puis c’est une forme de paresse spirituelle et intellectuelle qui pousse certaines personnes à voter pour le sortant « parce qu’il est là et que les autres on ne les connaît pas ! ». L’argument de la « continuité » est peut-être l’un des pires de tous. En l’occurrence en reprendre pour cinq ans de tension, de manipulation, de manifestations non merci sans moi !

Les dés pipés de la démocratie sont pourtant bien connus. Par exemple : les aides à la presse (tarifs postaux préférentiels, TVA à taux super réduit, mais aussi subventions directes, etc.) au sens large, elles ont représenté 840 millions d'euros en 2020, auxquelles le gouvernement a décidé d'ajouter l'été dernier 483 millions d'euros sur deux ans, en réponse à la crise sanitaire.

La presse écrite (nationale comme régionale) ne vend quasiment plus de journaux et survit uniquement grâce aux subventions généreuses de l’État : Libération, avec 5,9 millions d'euros, le Figaro (5,7 millions) et le Monde (5,2 millions). Mais encore : La Croix (4 millions d'euros), L'Humanité (3,3 millions d'euros), Ouest-France (2,6 millions d'euros) et L'Opinion (1,8 million d'euros). Pour vous épargner une foultitude de chiffres, il faut ajouter que l’audiovisuel (chaînes d’info, TF1, le groupe M6, France TV, France Inter, RTL ou Europe 1) ne sont pas en reste loin s’en faut. En plus de nominations à la tête de certains de ces médias d’amis incontestés du pouvoir, les subsides pleuvent.

Edifiant

Il est alors évident que la presse dans son ensemble parle d’une seule voix et tient un même langage. À moins d’être fou, on ne mord pas la main qui nous nourrit. Plus aucune contradiction, plus du tout d’opposition au pouvoir en place, des journalistes militants, supporters et fans qui savent montrer leur mépris aux opposants. Logique, mais révélateur d’un climat ou le mensonge est roi.

J’ai connu l’époque où il y avait en France une presse d’opposition réelle. J’ai aussi connu la période (c’était la même) ou l’on se moquait joyeusement de la PRAVDA (« La Vérité » en Russe) soviétique en comparaison de la pluralité française dans ce domaine. Qui aurait pu croire que cela arriverait en France ? Aujourd’hui ce n’est pas un seul organe de presse qui détient « la vérité officielle » (style ORTF du temps d’Alain Pierrefitte), mais tous les médias ou presque, qui relayent la même « vérité officielle ».

L’idée comme quoi : « On le dit à la télé, donc c’est vrai », n’a pas du tout disparu de la société française. Loin de là même ! Si ce dicton a remplacé cet autre concept : « Puisque c’est dans le journal, c’est que c’est vrai », et se prolonge de nos jours par : « Si c’est marqué sur internet, c’est peut-être faux, mais c’est peut-être vrai », il faut reconnaître que sans la grâce de Dieu on s’y perdra. Mais Dieu fait grâce et il est le Dieu de la vérité. Désormais « la vérité » n’a qu’une voix, qu’une approche, qu’une dimension, celle qui vient d’en haut, de l’Elysée ou des Ministères.  En cas de besoin et pris en flagrant délit de mensonge, on vous expliquera que c’est la vérité qui se trompe.

Tout s’achète et tout se vend, y compris la vérité politique et médiatique qui ont trouvé, finalement, des intérêts communs et forment un couple monstrueux, froid et cynique.

Je ne me suis pas éloigné de mon idée de base, rassurez vous, parce qu’une seule vérité officielle, relayée par une presse aux ordres, ce n’est rien d’autre que du mensonge organisé. Pas de mensonge frontal, mais des vérités officielles qu’il ne fait pas bon contredire.

Et que dire des Instituts de sondages alors ? Si peu de gens savent qu’ils sont, en France, tous entre les mains d’une seule et même personne, proche du chef de l’État. A partir de là, il est assez facile d’orienter les résultats des dits sondages, pour qu’une vérité absolue et durable s’installe. Même si évidemment, cela ne reflète absolument pas la réalité. Coluche disait : « Les sondages c’est fait pour que les gens sachent comment penser ! ». C’est une autre forme de mensonge par suggestion que l’on nous assène à longueur de journaux télévisés et qui laisse forcément des traces dans l’esprit de certaines personnes.

Les sondages en France

Réfléchir par soi même, c’est l’une des forces du Protestantisme, mais avant lui de l’Evangile de Jésus-Christ. Penser par soi-même. Juger par soi même et cesser de faire naïvement confiance à ces médias achetés (pour ne pas dire vendus, expression péjorative au possible).

Osez plus que jamais vivre le conseil biblique : « L'homme spirituel, au contraire, juge de tout (…) » et évitez moi le discours hyper spiritualisé consistant à dire que l’on ne juge que des choses spirituelles. Être spirituel c’est être capable de réfléchir par soi-même, je vous préviens : aller à contre-courant ce n’est pas simple, mais après tout, le chrétien est un anticonformiste en puissance : « Ne vous conformez pas au siècle présent, mais soyez transformés par le renouvellement de l'intelligence (…)» (Romains 12/2). Être « bête » en faisant étalage de son opinion qui n’est rien d‘autre qu’un copié-collé maladroit des propos de BFMTV n’a jamais été signe de spiritualité mais plutôt l’inverse.

Votez bien !

Samuel Foucart