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Quel rôle pour l’Eglise aujourd’hui ?

Il y a toujours eu des « temps troublés », ce n’est pas nouveau. David y fait allusion dans les Psaumes, mais Noé a vu son monde bouleversé par le déluge. Abraham a vécu l’épisode extrêmement trouble de Sodome et Gomorrhe. L’Eglise de Jésus-Christ a déjà vécu des périodes dans son histoire plus que difficiles. Aujourd’hui n’est qu’une étape supplémentaire dans ce monde.

Comment l’Eglise de Jésus-Christ va-t-elle réagir ? Comment doit-elle réagir ? Et pour être complet : doit-elle réagir ? 

Trois options sont possibles :  d’abord la victimisation, c’est la plus commode, la plus « logique » aux yeux de certains et elle induit une passivité coupable. 

Ensuite il y a la frustration. Elle peut s’y installer, ronger son frein, rêver de vengeance, de révolution armée, de défilés, de manifestations contre telle ou telle loi. A la fin, l’Eglise se sera trompée de combat. Se jeter dans l’arène politique n’a jamais été son rôle et c’est toujours dommage quand elle a mélangé les genres. 

Enfin l’action sur le terrain spirituel. C’est là que l’Eglise de Jésus-Christ est la plus efficace, la plus terrible, la plus « violente » et la plus utile. On a toujours, et c’est naturel, tendance à l’oublier. Là, l’Eglise de Jésus-Christ, qui je vous le rappelle passe par les églises locales, joue un rôle essentiel et ce rôle se décline en trois tableaux :

1) Prier pour la guérison de son pays : « Si mon peuple, celui qui porte mon nom, s'humilie, prie et me cherche et s'il renonce à ses mauvaises voies, je l'écouterai du haut du ciel, je lui pardonnerai son péché et je guérirai son pays. » 2 Chroniques 7/14. Voilà le genre de prière que Dieu exauce toujours, n’en doutons pas, le Seigneur attend ces prières-là. Lui qui a tant aimé le monde, aime la France et attend que l’Eglise prie pour la guérison de son pays. Guérisons spirituelles d’abord par la conversion, guérisons morales, guérisons historiques (tant de blessures du passé affaiblissent le pays), guérisons sociales, guérisons politiques (il faut reconnaître que dans ce registre le pays est dans une impasse jamais vue encore). Dieu aime entendre son Eglise prier pour la guérison de son pays. Faut-il rappeler les paroles de Jérémie aux Juifs déportés à Babylone ? Peut-être bien : « Recherchez le bien de la ville où je vous ai menés en captivité, et priez l'Eternel en sa faveur, parce que votre bonheur dépend du sien. » Notre bonheur, celui de l’Eglise, dépend aussi du bonheur de notre nation. Juste encore un point, notez que c’est au peuple de Dieu, dans sa diversité, sa variété, de prier et non pas à une pseudo élite. Il est temps d’en finir avec nos divisions, nos étiquettes, nos prétentions maladives consistant à croire que l’on est bien meilleur que l’autre. La guérison de mon pays passe par la prière du peuple de Dieu.

2) Le second volet du triptyque spirituel proposé à l’Eglise de Jésus-Christ (donc par voie de conséquence aussi aux églises locales) c’est de prier pour ceux qui sont élevés en dignité : « J'exhorte donc, avant toutes choses, à faire des prières, des supplications, des requêtes, des actions de grâces, pour tous les hommes,  pour les rois et pour tous ceux qui sont élevés en dignité, afin que nous menions une vie paisible et tranquille, en toute piété et honnêteté.  Cela est bon et agréable devant Dieu notre Sauveur » 2 Timothée 2/1 à 3. Sans doute est-il nécessaire de préciser que celui qui écrit cela est en prison à cause de sa foi, qu’il vit sous le règne de Néron et que le destinataire de ce courrier est un jeune homme évoluant sous les lois romaines imposées par un fou furieux à l’Empire. J’entends beaucoup de croyants me dire : « Moi je n’ai pas voté pour tel ou tel et je refuse de prier pour lui et ceux qui représentent sa politique ». C’est une réaction viscérale presque logique et normale. Mais notez que le Saint-Esprit de Dieu ne nous demande pas trop notre avis sur la politique menée par tel ou tel personnage, il nous demande de prier pour eux. D’ailleurs, il ne nous demande même pas de les « bénir », mais de nous contenter de prier. Je suppose que c’est ce qu’a fait Daniel en son temps, confronté à une alternance politique désastreuse qui verra l’avènement du jeune et arrogant  Belschatsar. A aucun moment Daniel ne manifestera contre lui, mais n’en doutons pas, il a prié. Il n’a même pas prié pour expliquer à Dieu ce qu’il avait à faire, ni comment il devait faire. Que l’Eglise se contente d’obéir à Dieu et poursuive ses objectifs majeurs : « Une vie paisible et tranquille en toute piété et honnêteté », eh oui ! tellement de croyants l’ont oublié et veulent juste retrouver leur vie d’égoïsme, de jouisseurs et de profiteurs. 

3) Le troisième volet de notre triptyque est  à l’opposé de la victimisation proposée par certains, il s'agit d'une opposition spirituelle.  « Car le mystère de l'iniquité agit déjà; il faut seulement que celui qui le retient encore ait disparu. » Comment nier l’évidence ? Evidemment que tout ce qui s’oppose à Dieu dans les mentalités, dans la politique, dans les valeurs régissant notre pays est déjà là en place et de plus en plus présent ; Cette iniquité et son prolongement politique bénéficie du soutien des media, de la science, de la culture (cinéma, télévision, séries, littérature, réseaux sociaux etc.), sans doute à un point jamais atteint. Mais elle n’est pas dans les mentalités depuis 3, 4 ou 5 ans. Elle est là depuis longtemps et s’est installée petit à petit. Je sais que Jésus doit revenir, je sais que ces choses doivent arriver, mais je sais aussi que tant que l’Eglise de Jésus-Christ sera sur la terre, c’est son rôle de s’opposer à cette mentalité de péché, s’opposant à tout ce qui vient de Dieu. C’est trop facile de dire « Jésus revient, on ne peut rien y faire, c’est ainsi » ! Il s’agit juste de paresse spirituelle, ni plus ni moins et d’une démission inacceptable de l’Eglise. Le texte cité en exergue fait allusion au Saint-Esprit de Dieu, présent dans l’Eglise de Jésus-Christ qui est le barrage à cette mentalité anti-chrétienne. Tant que lui est là, et tant que l’Eglise est là, il appartient à cette dernière de s’opposer de toutes ses forces par la prière, à la montée de ces valeurs de péché érigées en loi. 

Où sont les « John Knox » d’aujourd’hui dont la reine Marie Stuart craignait plus les prières et les sermons que l’armée du roi d’Angleterre ? Moi je prie pour que Dieu débarrasse notre pays des « idées » (c’est un grand mot en l’occurrence) progressistes (ce qui reste j’en conviens un concept des plus flous) s’opposant aux valeurs chrétiennes, aux racines évangéliques de ma nation ou encore aux principes divins tel le mariage ou la famille. Que Dieu débarrasse mon pays de ces pseudo écologistes s’opposant aux principes même de la vie, du travail, du bon sens. Je prie pour que mon pays soit délivré d’influences racistes et minoritaires visant à faire la loi et à faire régner la peur et la haine. Oui je l’assume, et c’est aussi ma liberté et ma responsabilité de chrétien appartenant à l’Eglise de Jésus-Christ qui n’est pas et ne pourra jamais être victime des circonstances de faire barrage à tout ce qu'il convient de nommer "anti-chrétien".

« Que chacun s’examine soi -même » face à ces défis nouveaux pour nous, mais déjà tellement anciens dans l’histoire du monde. 

Samuel Foucart