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La Bible et le complotisme !

Hier, le mot-clé à la mode pour faire taire les voix contradictoires à l’idéologie dominante était l’accusation «d’intolérance». Aujourd’hui, la médiacratie use unanimement d’une nouvelle expression pour dénigrer ceux qui oseraient émettre le moindre doute sur les discours officiels d’un système, qui alerte pour le moins, dans le renforcement de son contrôle, de ses ingérences, de son infantilisation, qui prétend pouvoir définir ce qui est essentiel et ce qui ne l’est pas, et au sein duquel la pluralité des opinions a été tristement réduite à néant. Désormais, nous-autres, qui osons penser différemment et soulever quelques lièvres, ne serions plus uniquement des intolérants, mais nous voilà promu au rang des intolérants complotistes.

Depuis l’aube de l’Humanité, toute l’histoire des nations, des empires, des peuples, regorge de complots… La Bible, qui retrace 1500 ans d’histoire, n’y échappe pas et fourmille de multiples complots en tous genres, comme nous allons l’étudier brièvement dans cet article…. Mais ô miracle ! Les médias nous l’assurent d’une même voix rassurante et doucereuse, le complotisme est un pur délire paranoïaque de nos esprits tordus.

Bienvenue au 21ème siècle où les médias et leurs acolytes de la «Big Tech» (1) ont pris le pouvoir, au nom d’une guerre hypocrite contre les vilaines «fake news» (2), nous condamnant sans jugement et sans voie de recours, à un silence absolu dans les méandres de l’obscurantisme.

A les entendre, aucune élite politique, ni aucun groupe financier, ni aucun lobby, ne complote plus aujourd’hui en vue d’imposer des décisions qui serviront leurs propres intérêts. Dans un monde en voie de surpeuplement, sur une planète qui se dégrade de jour en jour, où les enjeux politico-économiques sont désormais mondialisés et se chiffrent à coup de milliards, toute pensée complotiste est immédiatement «mise à l’index» (3). Fichtre ! Aurions-nous atteint un nirvana de fraternité ? Certainement pas, mais à vous qui criez «paix et sûreté», le mot d’ordre est clair : «Restez chez-vous et dormez tranquille braves gens». Les gouvernements s’occupent de tout et les médias nous diront quoi penser, jusqu’à nous censurer et rectifier nos dires, pour mieux manipuler notre manière de penser.

Ceci étant, après avoir réalisé cet état de fait, il ne faut pas non plus prêter foi à toute théorie complotiste, car il y a aussi beaucoup de mensonges qui circulent sur internet. Mais d’un point de vue spirituel, ne faisons-nous pas face actuellement à l’un des plans les plus «malins» du diable ? En effet, Satan n’est-il pas à la fois le 1er comploteur (Esaïe 14v13) et le «Père des mensonges» (Jean 8v44) ? La stratégie est étincelante comme le fût Lucifer en son temps, les faux complots ne sont-ils pas la meilleure couverture des véritables ?

De toute évidence, plus que jamais, il nous faudra désormais être vigilant, et discerner toutes les évolutions à venir de notre société. Si en tant qu’Eglise, il nous reste encore quelques résidus de prophétisme, soyons des sentinelles et des lanceurs d’alerte, non pour croire aveuglement à toute théorie complotiste qui prolifère, et les soutenir sans discernement, mais pour résister au diable et à toute avancée des ténèbres dans nos nations. Aux plus fatalistes qui arguent que ce qui est écrit doit inexorablement s’accomplir, rappelons-leur «qu’il est aussi écrit» que cela ne doit pas empêcher à la lumière que nous sommes de briller.

En cas de doute raisonnable sur certains sujets, «soyons prudents comme les serpents» (Mat 10v16a). Résistons en outre, sur tout ce que l’esprit de ce monde veut rendre obligatoire, en faisant fi de notre libre arbitre et de notre liberté de conscience (4). N’oublions pas que l’origine (5) de la liberté de conscience se trouve dans la décision de Martin Luther de s’opposer à l’Eglise de Rome et au pape au sujet du «commerce des indulgences», donnant ainsi naissance au Protestantisme. Dommage que l’esprit de résistance ait délaissé une large partie des protestants (luthéro-réformés) et des mouvances évangéliques en France, par manque de foi, d’audace, de révélation et sans nul doute de courage. (Lire : «Les protestants français ne résistent plus ?»)

 

Que nous enseigne la Bible sur les complots ?

De la Genèse à l’Apocalypse, la Bible relate de nombreux complots de différentes natures. Après le complot déjoué au Ciel, causant la chute de «l’astre brillant» (Lucifer) - qui voulait prendre la place de Dieu - et d’un tiers des anges, l’humanité n’a pas tardé à se laisser avoir par le discours officiel de ce serpent diabolique, qui conspirait encore et toujours contre Dieu, dans un désir insatiable de vengeance. Avec un discours rassurant et doucereux, le diable sera l’instigateur de la «fabrique du consentement» (6) par la séduction et la manipulation.

Par la suite, dans Genèse 11, l’humanité déchue se rassemblera et complotera contre Dieu, refusant son ordre de remplir toute la terre et préférant construire une tour afin de «toucher le ciel». C’est le premier grand complot terrestre qui produira l’intervention directe de Dieu, en vue de mettre un terme à cette rébellion organisée.

Toujours dans la Genèse, à partir du chapitre 37, nous assistons à un complot familial entre Joseph et ses frères. Par jalousie, les frères de Joseph ne pouvaient supporter les rêves qu’il recevait de la part de Dieu. Il sera alors vendu comme esclave à des ismaélites, qui se rendaient en Egypte pour faire du commerce. Cette histoire est riche en enseignement, car si Dieu n’est pas intervenu pour alerter Joseph sur leurs intentions ou pour déjouer le complot, il s’est servi, au contraire, de leur complot, pour transformer le mal en bien et propulser Joseph dans sa destinée. Soyons certains que Dieu n’est jamais pris de court et qu’aucune circonstance ne peut bloquer l’accomplissement d’un rêve divin.

>> La Genèse, le livre des 7 commencements nous montre que les complots sont montés dans le cœur du diable et des hommes par l’orgueil, la convoitise, la rébellion et la jalousie. Bien sûr, le diable n’use plus de séduction et de manipulation aujourd’hui envers l’Humanité - surtout pas les élites – et nous ne trouvons plus aucune trace de ces racines de péché dans le cœur des hommes. Vraiment ?

Par ailleurs, voici quelques complots dans l’Ancien Testament, qui méritent notre attention :

  • Complot économique par abus de pouvoir : Dans le livre des Rois (I Rois 21), nous assistons à un complot fomenté par la célèbre Jézabel pour voler des vignes, n’hésitant pas à tuer un honnête homme sur la base de fausses accusations. En se livrant ainsi au mal, Achab attire la colère de Dieu.
  • Complots contre l’onction prophétique : Les prophètes, qui dévoilaient le péché des dirigeants et des peuples, étaient les lanceurs d’alerte de l’époque. Ils étaient très souvent la cible de nombreux complots. C’était notamment le cas du prophète Jérémie comme on le voit dans le livre des Lamentations au chapitre 3. Le prophète Jérémie subira les 3 étapes que l’on retrouve aujourd’hui : 1) Tentative de décrédibilisation (v14 : «Pour tout mon peuple, je suis devenu la risée») ; 2) Pression par les accusations & menaces (V46 : «Tous nos ennemis ouvrent la bouche contre nous») ; 3) Complots (v60-61 : «Tu as été témoin de leur soif de vengeance, et de leurs complots contre moi. Tu entends leurs outrages, ô Eternel, tu connais les complots qu’ils forgent contre moi»). Il parlera également de ces complots dans Jérémie 18v23 : «Mais toi, ô Eternel, tu connais bien leurs plans pour me faire mourir. Ne pardonne pas leur forfait ! N’efface pas leur faute ! Qu’ils soient terrassés devant toi ! Au temps où ta colère éclate, agis contre-eux !»
  • Complot politique : Dans le livre d’Esther au chapitre 2 v21-22, nous assistons à un complot contre le roi Assuérus : «deux eunuques du roi qui avaient la garde de l’entrée, eurent un mouvement d’irritation et cherchèrent à porter la main contre le roi Assuérus. Mardochée en fut informé et le révéla à la reine Esther, qui parla de sa part au roi». Mardochée, puis la Reine Esther ont joué leur rôle de «lanceur d’alerte», et il est intéressant qu’au v23, il est précisé : «l’information fut vérifiée et confirmée», ce qui conduira les deux eunuques à la potence.
  • Un complot pour provoquer un génocide : Dans le même livre d’Esther, Haman qui avait reçu l’autorité de la part du roi, chercha à comploter contre le peuple juif en vue de les exterminer. Il les accusera notamment de désobéissance civile envers le pouvoir et le système babylonien, parce que Mardochée refusera de se prosterner devant Haman (Esther 3v2-6). Finalement, dans Esther 7v3-6, le complot sera dévoilé par la reine Esther et Haman sera condamné à mort. Dieu interviendra ainsi en faveur de son peuple et cela sera concrétisé par un décret royal en faveur des Juifs !
  • Une délation complotiste contre Daniel et ses compagnons, avec une loi contre «les séparatismes» ! Le chapitre 6 de Daniel nous informe que le roi Darius, le fils d’Assuérus, a décentralisé son gouvernement et mis en place 120 satrapes (gouverneurs), afin de rendre l’administration plus efficace. Mais une crainte de «séparatisme» germe dans son esprit. Le roi craint en effet que des gouverneurs influents puissent facilement favoriser des rébellions et divisions au sein de son Royaume. Pour lutter contre le séparatisme, le roi Darius va promulguer un loi obligeant tout le monde à adorer le roi pendant 30 jours. Daniel avait reçu l’autorité du Roi pour diriger ces gouverneurs (v3) et «le roi pensait à lui confier la responsabilité de tout le royaume» (v4). C’est alors que certains gouverneurs vont comploter contre Daniel, sachant que Daniel refuserait de se prosterner devant le roi en raison de sa foi en Dieu. Dieu n’interviendra pas pour déjouer leur complot contre son oint, mais il se servira à nouveau de ce complot pour produire un puissant miracle qui marquera tout le Royaume. 
  • Les louanges complotistes du Roi David : Bien loin de nos cantiques actuels très gentillets, et peu en phase avec les événements d’actualité, le roi David, louangeur et prophète d’exception, dénoncera de nombreux complots dans ses psaumes. On le voit notamment dans le Psaume 64v1-9 : «Au chef de chœur. Psaume de David. O Dieu, écoute moi quand je gémis, protège ma vie contre l’Ennemi que je redoute. Mets-moi à l’abri des complots des méchants, de la troupe bruyante des hommes injustes. Ils aiguisent leur langue comme une épée, ils lancent leur paroles amères come des flèches, pour tirer en cachette sur celui qui est intègre. Soudain, ils tirent sur lui, sans éprouver la moindre crainte. Ils se fortifient dans leur méchanceté, ils se concertent pour tendre des pièges, ils disent : «qui les verra ?». Ils combinent des crimes : «Nous sommes prêts, le plan est au point !». La pensée intime, le cœur de chacun est un abîme. Dieu lance ses flèches contre eux, soudain les voilà frappés. Leur langue a causé leur chute. Tous ceux qui les voient hochent la tête». On le voit également dans le Psaume 26v9-10 qui dénonce la corruption : «N’entraîne pas mon âme dans la ruine des pécheurs, ni ma vie dans celle des hommes sanguinaires. Leurs mains sont souillées de crimes, leur main droite est pleine de pots-de-vin». On le voit également dans le Psaume 119 : «Les pièges des méchants m’entourent, mais je n’oublie pas ta loi»… etc.

 

Le Nouveau Testament parlent également de plusieurs complots :

  • Complot politico-religieux antichrist contre le Plan de Dieu : Dès sa naissance, Jésus a été l’objet d’un complot politique. En effet, le roi Hérode le Grand, a fait mine de vouloir adorer la venue de ce nouveau roi, tout en complotant secrètement de vouloir le tuer. Dieu interviendra en donnant un songe aux mages, mais le roi Hérode fit alors tuer tous les enfants de moins de deux ans, dans l’espoir de voir Jésus mourir. Par la suite, tout au long de son ministère, les autorités religieuses et en particulier les pharisiens, complotaient contre Jésus en vue de le faire mourir. Finalement, c’est par un complot entre les Pharisiens et le disciple Judas, que Jésus fut livré et condamné à la peine de mort.
  • Complot satanique contre l’Apôtre Paul sera lui-aussi le sujet de divers complots comme on le voit notamment dans Actes 23v11-16. Dans ce passage, il est question d’enjeux de pouvoir, de faux prétextes, de lanceurs d’alerte… «La nuit suivante, le seigneur apparut à Paul, et dit : «prends courage, Paul : de même que tu as rendu témoignage de ce qui me concerne à Jérusalem, il faut aussi que tu rendes témoignage à Rome. Le jour venu, quelques juifs formèrent un complot et s’engagèrent, sous peine de malédiction contre eux-mêmes, à ne rien manger ni boire, tant qu’ils n’auraient pas tué Paul. Ceux qui formèrent cette conspiration étaient plus de 40. Ils allèrent trouver les chefs des prêtres et les anciens pour leur dire : «Nous nous sommes engagés, sous peine de malédiction contre nous-mêmes, à ne rien manger avant d’avoir tué Paul. Vous donc, maintenant, adressez-vous avec le sanhédrin au commandant romain pour qu’il l’amène demain devant vous, sous prétexte d’examiner son cas plus en détail. De notre côté, nous sommes prêts à le mettre à mort, avant qu’il n’arrive ici. Mais le fils de la sœur de Paul entendit parler du guet-apens, et il alla dans la forteresse en informer Paul». Le complot sera déjoué et Dieu permettra à Paul d’accomplir sa mission.
  • Une terrible conspiration antichrist dans l’Apocalypse : J’aborderais ce sujet dans d’autres articles, mais peu importe les interprétations divergentes que l’on peut réaliser sur le chapitre 13 de l’Apocalypse, nous comprenons qu’un système antichrist utilisera notamment la technologie et les médias comme armes de guerre, et que cela aura des conséquences sur la liberté économique. «Il lui fut donné une bouche qui proférait des paroles arrogantes et des blasphèmes contre Dieu, et elle reçut le pouvoir de faire la guerre pendant 42 mois. (…) La Bête égarait les habitants de la terre, par les signes qu’il lui était donné d’accomplir en présence de la première Bête. Elle leur disait de faire une image de la Bête, qui avait été blessée par l’épée et qui avait survécu. Elle reçu le pouvoir d’animer l’image de la Bête, afin que cette image puisse parler et faire tuer tous ceux qui ne l’adoraient pas» (V5 ; 14-15). Ce système antichrist qui visent à combattre les chrétiens utilisera la «parole» (médias/information) comme arme de guerre : «propos arrogants», «blasphèmes», «égarement»… Et nous voyons ensuite qu’une «image animée de la Bête» parlera et fera tuer ceux qui refuseront de l’adorer. Dans la suite du texte, nous lisons encore : «Elle fit en sorte qu’on impose à tous les hommes, petits et grands, riches et pauvres, libres et esclaves, une marque sur leur main droite ou sur leur front. Ainsi, personne ne pouvait acheter ni vendre sans avoir la marque, c’est-à-dire, le nom de la Bête ou le nombre de son nom».

 

Complots contre l’onction prophétique ? Complots politiques ? Lanceurs d’alertes ? Lutte contre le séparatisme ? Technologies de contrôle ? Manipulation et égarement par des fake news antichrist et blasphématrices ? Contrôle de l’économie ? Conspiration contre la véritable Eglise ?... Voici en quelques mots ce dont nous parle la Bible, de la Genèse à l’Apocalypse, tout en déclarant par la bouche du roi Salomon, dans le livre de l’Ecclésiaste, qu’il n’y a «rien de nouveau sous le soleil». Mais bien sûr, vous n’êtes pas obligé de me croire.

#MerciDeResister

Pasteur Paul OHLOTT

 

Notes

(1) «Big Tech» est le nouveau nom donné aux géants du numérique : les GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon & Microsoft).

(2) Frédéric Lordon, dans un article publié dans «Le Monde Diplomatique» en octobre 2017, écrit très justement que «la croisade médiatique contemporaine contre la fake news aura du mal à recouvrir que la presse elle-même est le lieu le plus autorisé de mise en circulation de fake news».

(3) L’expression «mise à l’index» remonte aux premiers siècles de la chrétienté, lorsque les papes interdisaient la lecture de certains livres jugés hérétiques. Au XVIème siècle, le pape Paul IV a rédigé le premier « index », un catalogue officiel des livres interdits pour les catholiques.

(4) La liberté de conscience est le droit accordé à une personne d’avoir les valeurs, les principes, les opinions, les religions et les croyances qu’elle veut.

(5) Selon Daniel Olivier et Alain Patin, auteur du livre «Luther et la Réforme… tout simplement» (Les Editions de l’Atelier, 1996)

(6) La fabrique du Consentement, concept développé par Edward S. Herman et Noam Chomsky en vue d’endormir la conscience des foules.