CRIMES DANS LA BIBLE : 2/ JESUS ET LES POINTEURS

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« Mais, si quelqu'un scandalisait un de ces petits qui croient en moi, il vaudrait mieux pour lui qu'on suspendît à son cou une meule de moulin, et qu'on le jetât au fond de la mer. » Matthieu 18/6.

Les "pointeurs" c'est le nom donné par les détenus, dans le cadre de la prison, aux violeurs et plus spécifiquement aux pédophiles (que l'accusation soit avérée ou non d'ailleurs). L'admnistration pénitencière a d'ailleurs été obligé de regrouper les "pointeurs" pour éviter des drames liés à la "justice des taulards" plus que discutable

Evidemment que personne dans la religion dite chrétienne n’a vraiment intérêt à lire ce texte tel qu’il est écrit. Dans son contexte, ce qui précède en particulier, Jésus parle des enfants. Puis dans la suite du chapitre, il parle des scandales, c’est à dire de « ce qui fait tomber », de « ce qui choque », de ce qui « heurte la morale ». C’est le terme grec « scandalizô » qui est utilisé là, ainsi qu’à deux autres reprises en rapport avec ce récit en Luc 17/1 et 2 et Marc 9/42.

Comme toujours, il semble que tout spiritualiser, y compris et peut-être surtout les paroles du Christ, arrange tout le monde. C’est tellement plus simple !

Pourtant et aussi gênant que cela puisse paraître, il y a dans ses paroles de Jésus bien plus qu’une simple et vague condamnation du détournement de la foi des croyants, qui avouons-le veut tout dire et ne rien dire. 

Jésus parle bien des enfants que l’on scandalise, que l’on fait tomber dans « le péché » et sous-entendu dans le péché sexuel, ce que nous nommons depuis le milieux des années 70 la pédophilie. 

Il existe une  tendance lourde pour penser que la pédophilie  est un crime récent. Apparu en France il y a plus d'un siècle, ce mot (du grec paidos, enfant, et philein, aimer) s'est diffusé après 1968, sans connotation sexuelle au départ, par le biais de courants de pensée qui souhaitaient mettre l'enfant au centre. Selon Le Petit Robert, la pédophilie est « l'attraction sexuelle pour les enfants prépubères » Et d’ailleurs l’apparition du crime pédophile en France date, dans les textes de loi du milieu des années 70. Pourtant cela existait bien auparavant pour ne pas dire depuis toujours. Parfois la pédophilie, autrement appelée « pédérastie » par Saint Paul par exemple : « débauchés, pédérastes, marchands d’esclaves, menteurs, parjures, et pour tout ce qui s’oppose à la saine doctrine. ». Ce terme de « pédérastie » n’a rien à voir avec l’homosexualité mais fait bien allusion à ce que nous appelons la pédophilie aujourd’hui. 

Comme on a inventé les mots pour comprendre, il est sans doute utile de poser les bons mots sur les bons maux : L'éphébophilie (du grec ancien ἔφηϐος / éphêbos (« adolescent ») et φιλία / philía (« amour / amitié ») désigne la préférence sexuelle d'un adulte (de l'un ou l'autre sexe) pour des adolescents ou adolescentes pubères (le plus souvent de 15 à 19 ans) ou pour de jeunes adultes.

Pour des adolescents en cours de puberté, on parle plutôt d'hébéphilie

Très longtemps en Grèce par exemple, ce que nous appelons nous aujourd’hui « crime pédophile » était considéré comme normal et était fortement conseillé pour la santé du corps, l’équilibre sexuel et la bonne santé psychique. Les femmes n’étant là que pour procréer et sûrement pas pour le plaisir. 

Aujourd’hui, l’Islam peut encore favoriser (et c’est très répandu) le mariage entre un homme mûr, voire âgé et voire même très vieux (80 ans en août 2019) et une petite fille de 8, 10 ou 12 ans. Dans ce cas on parlera de culture, alors qu’en occident on dénonce un crime pédophile.

Les récentes affaires de scandales sexuels ayant défrayés la chronique , Harvey Weinstein ou plus récemment encore le « suicide » de Jeffrey Epstein montrent à quel point les scandales mettant en scène des abus sexuels, principalement sur mineurs, sont encore et toujours aussi révoltants.

La loi républicaine va aujourd’hui très loin dans ce registre, je vais laisser le soin à notre conseiller de nous en dire plus, mais plus que jamais les enfants doivent être protégés de ce genre de scandale-là. Qu’il trouve son origine dans la famille où la pudeur à l’égard de nos enfants et petits enfants est de rigueur et se doit d’être une règle, ou bien à l’école ou encore à l’église.

Comment ne pas évoquer le silence douteux de l’église catholique à ce sujet ? Sous la pression  des plaignants et celle d’une certaine presse, des condamnations ont enfin lieu, des vérités sont dites, le « scandalizô » décrit par Jésus paraît au grand jour. Si la loi divine existe, elle n’exonère en rien celle des hommes.

Je dirais néanmoins un mot sur une autre forme d’abus, scandalisante pour les enfants, celle des mères cherchant à se débarrasser de leur mari devenu gênant et visant à leur nuire par tous les moyens et principalement en les accusant de pédophilie, d’attouchements sexuels sur leurs enfants. J’ai croisé un certain nombre de ces hommes. Les dégâts sont considérables moralement, psychiquement et voire parfois judiciairement. On ne peut pas accuser impunément quelqu’un de choses aussi graves, ce qu’en dit la loi est édifiant. Il s’agit là encore d’une autre forme visant à scandaliser les petits en les manipulant et en leur faisant dire des choses horribles contre leur père.

Je terminerai avec le verdict de mort que Jésus rend à l’égard de ces crimes sexuels. Si vous lisez attentivement l’Evangile (et c’est répété à trois reprises : Matthieu, Marc et Luc), le fait d’attacher une meule de moulin au cou de quelqu’un et de le jeter  dans la rivière, équivaut clairement à un lestage en règle et à une condamnation à mort de l’individu coupable d’avoir scandalisé un enfant. 

La sanction peut paraître terrible de la part de celui qui a dit « aimez vous les uns les autres », mais elle fait abstraction de toute forme de repentance, du pardon évangélique toujours possible, de l’autre chance que le Dieu de l’Evangile s’évertue à donner à n’importe quel être humain. 

Néanmoins, la perversion semble telle dans ce cas, que Jésus est définitif sur ce sujet. Les pervers font le mal pour le mal, jouissent de l’angoisse 
qu’ils suscitent chez autrui et défient les normes morales 
d’une société par leurs conduites « déviantes ». Et même si les pervers sexuels à caractère pédophile, tels Dutroux ou Fourniret sont a  priori des gens « doux » et paisibles » en apparence, ce qui fait leur perversité est justement enfouie sous cette apparence de gentillesse.

A ma connaissance, c’est la seule fois où Jésus se prononce en faveur de la peine de mort. On peut ainsi, peut-être mieux comprendre l’ampleur de ce crime aujourd’hui.

Samuel Foucart

 

 

 

L’avis du juriste :

La Pédophilie comme l’inceste ne sont pas des notions juridiques. En droit pénal français, on ne peut être condamné pour un état, mais seulement pour des actes contrevenant à la loi. C'est pourquoi le Code pénal français ne vise pas de manière expresse la pédophilie, même si l’ombre du pédophile plane en de nombreux articles, le droit de la pédophilie recouvrant une grande diversité de situations: viol, agressions sexuelles, attouchements sexuels, simple proposition sexuelle par internet ou autre, corruption de mineurs....

Il est utile de rappeler que concernant les mineurs, la question du consentement ne peut pas être avancée, puisqu'avant l'âge de quinze ans cette notion est exclue par le droit pénal pour toute relation sexuelle. Une victime de moins de quinze ans, quelles que soient ses déclarations, sera toujours considérée comme ayant subi une agression sexuelle. Cela signifie que, en France, les relations sexuelles avec un mineur de moins de quinze ans sont totalement prohibées.

Le durcissement de la répression est certainement le constat le plus caractéristique de la politique criminelle conduite face au phénomène de la pédophilie en France. La panique morale et législative autour de la pédophilie traduit par ailleurs un salutaire déclin du silence à l’égard des violences subies pendant l’enfance.

Le pédophile est l’une des figures délinquantes stigmatisée par nos sociétés contemporaines et ce, depuis le début des années 70. Le pedophile est d’ailleurs également stigmatisé au sein des établissements pénitentiaires. 

Les peines vont ainsi de 5 à 20 ans de réclusion criminelle selon la gravité des faits. 

 

Le point de vue du psychologue :

La présentation faite ci-dessous de la pédophilie s’appuie sur le DSM-5 (manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux), ouvrage de référence destiné à tous les professionnels concernés par la santé mentale.

Ce manuel présente le « trouble pédophilie » qui se distingue de la pédophilie. Cette dernière se définit en effet par une sexualité orientée vers les enfants. Le trouble pédophilie désigne quant à le cumul entre cette orientation sexuelle et une détresse ou l’altération du comportement liée à cette attirance.

 Le trouble pédophilie se caractérise selon les trois critères suivants :

  • Présence, pendant une période d'au moins 6 mois, de fantasmes sexuellement excitants et répétés, d'impulsions sexuelles ou de comportements impliquant une activité sexuelle avec un enfant ou des enfants prépubères.
  • Mise en acte des ces pulsions sexuelles ou altération du comportement (difficultés relationnelles, détresse, passage à l’acte, …) liée à ces pulsions ou aux fantasmes.
  • La personne est âgée de 16 ans au moins et a au moins 5 ans de plus que l'enfant.[

De nombreux psychiatres et psychologues ont étudié ce trouble. Une partie s’accorde à dire que les pédophiles utilisent l’enfant comme objet et non pas en tant qu’être humain. Ce rapport sexuel a pour seul objectif d’atteindre la jouissance. Il ne s’agit donc pas d’actes d’amour tel que le revendiquent certains pédophiles.

Il n’existe, à ce jour, aucune explication scientifique à la pédophilie (sur des facteurs environnementaux, génétiques ou physiologiques).

Précisons également qu’on ne peut pas guérir de la pédophilie mais que certaines personnes apprennent à vivre avec cette orientation sexuelle et ne passeront jamais à l’acte.

Alexis Damman

 

La parole est à la défense : (Il s'agit ici d'un exemple typique de plaidoirie)

"Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les assesseurs, Mesdames et Messieurs les jurés, Monsieur l'avocat général.

Mon client est accusé d'avoir violé une enfant de 13 ans au domicile de ses parents. Il est l'oncle de la petite fille.

Dans ce dossier, il n'y a ni aveu, ni témoin, ni aucune trace d'ADN qui pourraient corroborer les allégations de cette jeune fille. Dans la balance, nous avons les propos accusateurs de cette dernière et de l'autre les propos constants de mon client qui depuis sa garde à vue, puis ensuite devant le juge d'instruction et enfin devant vous crie son innocence. Mon client d'ailleurs a un alibi ; il se trouvait à plusieurs kilomètres du lieu du viol, un témoin peut l’attester.

Bien que son casier judiciaire indique une condamnation à 7 ans de prison pour viol en 1999, il ne faut évidemment pas en déduire de facto une réitération des faits possibles.

D'ailleurs, l'expertise psychiatrique fait apparaître des fragilités psychologiques liées à une enfance difficile associée à de la maltraitance. Il a été victime d'un inceste ; par la suite, il fut placé par décision du juge des enfants dans un foyer.

Si par impossible, vous estimiez qu'il faut entrer en voie de condamnation à l'encontre de mon client malgré la pauvreté des preuves à charge, vous devriez tenir compte de la souffrance de cet homme qui a traversé la vie avec ses blessures intérieures sans que jamais elles n'aient été soignées par le corps médical. 

Mesdames et Messieurs les jurés, ne vous laissez pas influencer par votre émotion, mais plutôt par le bon sens et la raison et n'écartez pas la possibilité d'une relaxe au bénéfice du doute."

Maître F.F.