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Quand l’Ecclésiaste fustigeait par avance BFMTV et consorts

 

C’est en relisant le texte du chapitre premier de l’ecclésiaste au verset 18, que je me suis rendu compte d’une réalité  très moderne. Je vous cite ce texte : « Car, plus on a de sagesse, plus on a de sujets d’affliction. En augmentant sa connaissance, on augmente ses tourments. »

S’il est bon de se tenir informé a minima, de savoir ce qui se passe dans ce monde et de ne pas vivre dans une autarcie coupable et ce, quelles qu’en soient les raisons, trop d’information atteint fatalement notre moral. 

A l’heure où la France, selon Reporters sans frontières, pointe désormais au 32ème  rang mondial en matière de liberté de la presse, on peut sérieusement s’interroger sur l’intérêt qu’il y a, à regarder, écouter et prendre au sérieux certaines chaînes d’information. Dans le même temps, le CSA a autorisé Xavier Niel et par conséquent FREE à supprimer de son bouquet numérique la chaîne d’info BFMTV. Sans doute en tout premier lieu,  pour de sombres raisons financières, mais néanmoins le symbole est fort.  Jamais France Inter n’a aussi bien porté son nom, la ligne éditorialiste de l’antenne étant manifestement à la « botte » du pouvoir en place, la voix de son maître quoi. 

Mais j’en reviens au texte de l’Ecclésiaste, que signifie-t-il en réalité et concrètement pour vous et moi ? Qu’une profusion d’informations de toutes sortes, de tous ordres conduit directement à la dépression. Par exemple, un jeune homme se blesse en tombant dans une crevasse en Italie, dans des conditions terribles. Il lance un S.O.S. via son portable, sans résultat et nous sommes tous (ou presque tous) pris en otages par ce drame, sans pour autant pouvoir faire quoi que ce soit ! Nous sommes informés, mais nous ne pouvons rien changer à la situation du jeune homme, de sa famille, n’y même aider les secouristes sur place. C’est de la frustration à l’état pur ! On sait, on est informé, on se tourmente, s’angoisse, s’inquiète, s’interroge, on cherche des solutions en vain et il n’y a rien de pire pour mener à la dépression de l’âme.

J’ai rencontré des gens intelligents, sérieux, équilibrés dans leur vie, sincèrement inquiets, voire paniqués, face aux informations diffusées en boucle sur les chaînes d’Information continues au moment des manifestations des Gilets Jaunes à Paris.  La réalité, c’est  que la France  reste et demeure un pays de liberté, un bon pays au regard de bien d’autres, même si on peut toujours vouloir mieux et plus, tout le temps et partout ! Mais la dramatisation volontaire des informations, la diffusion en boucle d’un scooter en flammes ou d’une poubelle brûlant au milieu d’un boulevard parisien, fait le reste. J’ai l’âge de me souvenir de mai 68 où les images étaient rares, mais la violence tellement plus grande ! 

Je ne sais pas à qui « profite le crime » de la désinformation, bien que j’en ai tout de même une petite idée, mais le résultat est toujours le même, à la fin c’est la dépression de l’esprit qui s’installe, un discours copier-coller via les media, relayé dans la société, les gens répétant bêtement ce qu’ils ont entendu sur ces supports médiatiques, et plus aucun recul, plus aucune idée personnelle !  

Il en va de même avec le réchauffement climatique où la moindre canicule devient l’enfer brûlant pour 2050. D’ailleurs, on nous dénonce les coupables et les méchants qui, comme aux plus beaux jours de la guerre froide, étaient russes et américains. Il est aussi évident qu’en la matière quand une vraie information risque de déranger le pouvoir en place, quelqu’il soit, on allume un contre feu médiatique à partir de rien et tout le monde va y plonger avec délectation, jusqu’à vivre ce que dit l’Ecclésiaste : sombrer dans l’affliction et les tourments, la dépression morale, puisque nous n’avons aucune prise sur les informations que l’on nous donne.

Qu’un avion s’écrase à l’autre bout du monde, qu’une attentat décime un marché afghan, qu’un ouragan submerge les côtes chinoises ou qu’un virus ravage un pays d’Afrique, qu’y pouvons nous, que pouvons nous de plus? A partir du moment où l’information est donnée, quel pouvoir avons-nous de changer la donne ? Aucun ! Y passer nos journées, nourrir nos yeux, nos pensées, nos oreilles, conduit fatalement à se tourmenter, consciemment ou pas et à finir par déprimer tout à fait, à aller mal, à être assombri durablement et à s’installer dans une logique négative. 

La vie, notre vie, notre sphère privée, familiale, sociale, professionnelle est déjà assez rude sans que nous  nous rajoutions tous les malheurs du monde via le prisme médiatique. 

Portez vous mieux, évitez les chaînes d’info !

 

Samuel Foucart