Spirituel & émotionnel

texte_podcats_formate

1 Samuel 20/41

Spirituel et émotionnel

« Après le départ du garçon, David se leva du côté du midi, puis se jeta le visage contre terre et se prosterna trois fois. Les deux amis s'embrassèrent et pleurèrent ensemble, David surtout fondit en larmes. »

Introduction : avec l’abaissement ou le nivellement par le bas du spirituel on assiste toujours au grand retour de l’émotionnel, c’est un peu l’histoire des vases communicants. Pourtant les deux n’ont pas grand-chose à voir.

  1. Le cas de David :
  • On le sait par la Bible David était un garçon sensible, il n’est pas vraiment étonnant que face à son ami et à la situation qu’il vit avec Jonathan il pleure abondamment.
  • On le voit très sensible aussi face aux injustices subies par lui comme par les autres. Cette sensibilité fera de lui aussi (mais pas seulement) « L’homme selon le cœur de Dieu ». Néanmoins il faudra que Dieu travaille dans son cœur pour éviter qu’il ne devienne uniquement qu’un ultra sensible, victime de ses émotions.
  • J’en profite pour préciser que cette sensibilité que certains estimeront peu virile, qui s’exprime là avec Jonathan ne fait pas de David un homosexuel, ni un faible, ni un efféminé, ce qui est fatigant à la fin. Nous avons tous en nous (les hommes) une part de féminité (que nous assumons ou pas) et notre éducation n’arrange rien pour peu que nous ayons grandi dans un univers de femmes. Un homme qui pleure n’est pas un lâche, un faible, un pleutre, c’est un être humain normal.

 

  1. Esaïe et Ezéchias. Esaïe 38/1 à 5
  • Le prophète Isaïe, fils d’Amots, vint lui dire : « Ainsi parle le Seigneur : Prends des dispositions pour ta maison, car tu vas mourir, tu ne guériras pas. ». On peut lire ce texte avec beaucoup de facilité, sauf qu’il y a un passé commun à ces deux hommes, des expériences communes et très fortes.
  • Je ne crois pas un instant qu’Esaïe n’avait pas de sentiment, ni qu’il n’était pas touché par le terrible message qu’il devait délivrer à son ami Ezéchias. Comme cela a dû être compliqué à vivre pour lui. Mais il n’a pas laissé l’émotionnel l’emporter sur ce que Dieu avait à dire.
  • D’ailleurs Esaïe et Ezéchias était-il vraiment des amis ? Je ne le crois pas, au sens ou la communion fraternelle est toujours très supérieure à l’amitié. Mais il n’empêche que le message n’était pas simple à délivrer.
  • Si l’émotionnel l’avait emporté sur  le message du ciel, Ezéchias serait mort de sa maladie de toute manière et n’aurait pas expérimenté dans sa vie le secours de la grâce de Dieu. Cela fait réfléchir sur les méfaits de l’émotionnel toujours revêtu des oripeaux des bons sentiments face à une réalité qui dérange.

 

  1. Les gens de Jérusalem le jour des rameaux : Luc 19/37
  • « Lorsque déjà il approchait de Jérusalem, vers la descente de la montagne des oliviers, toute la multitude des disciples, saisie de joie, se mit à louer Dieu à haute voix pour tous les miracles qu'ils avaient vus. »
  • Indéniablement l’émotionnel l’emporte sur le reste, leur adoration et son contenu sont bons, très bons même, mais motivés non par l’onction mais par l’émotion passagère.
  • De plus en plus la Pentecôte est devenue le refuge de grands rassemblements ou l’émotionnel, le sensationnel l’emporte sur tout le reste. Cris, larmes (beaucoup), démonstration d’émotion en tout genre. Prédication visant l’émotionnel. Manipulation par l’émotionnel (peur, rire, pleurs etc.). Plus il y aura de bruits, de larmes et de « fureur » plus cela sera réussi oui mais la suite ?
  • J’ai souvent entendu et constaté que l’on croit que quelqu’un qui prie en pleurant sera plus exaucé qu’un autre  ce qui est évidemment une vue de l’esprit et pas de l’Esprit de Dieu pour le compte. On peut ponctuellement pleurer pour tellement de raison. Les vraies larmes que Dieu recueille et comptabilise parfois sont celles que l’on verse en privé, dans le secret, les démonstrations publiques sont plus gênantes qu’autre chose. (TV et émissions américaines et larmes obligatoires des gitans).
  • Huit jours après ce sont les mêmes personnes qui crieront : « Crucifie-le » à propos du même Jésus de Nazareth, qu’ils avaient célébré. L’émotionnel ne produit jamais rien de bien durable dans le domaine spirituel.

 

  1. Paul et ses amis, sur une plage bientôt abandonnés : Actes 20/37
  • Et tous fondirent en larmes, et, se jetant au cou de Paul, ils l'embrassaient, affligés surtout de ce qu'il avait dit qu'ils ne verraient plus son visage. Et ils l'accompagnèrent jusqu'au navire. »
  • Ah les départs c’est tout juste s’ils n’ont pas entonné le sinistre « Ce n’est qu’un au revoir mon frère » ! L’émotion doit certes s’exprimer ; mais la finalité de cela reste à démontrer quant à son utilité spirituelle. D’ailleurs Paul le leur dira.
  • L’émotionnel va se loger parfois dans des sentiments trompeurs. Et quand bien même il serait légitime de s’attacher à des gens pour ce qu’ils sont et ce que Dieu en a fait, au bout du bout à quoi servent ces démonstrations ?
  • Vouloir retenir quelqu’un qui veut partir est souvent source d’ennuis et de déceptions. Ce qui les motive c’est principalement leur intérêt comme souvent avec l’être humain.
  • Il y a des émotions qui n’avancent absolument pas l’œuvre de Dieu, qui la freine parfois et qui la repousse : « Cela ne t’arrivera pas » disait Pierre à Jésus, c’est son émotionnel qui parlait ce jour-là.

Conclusion : que Dieu nous fasse la grâce de soumettre nos émotions à son bon Esprit et de ne pas les laisser s’emballer au détriment de ce qui est spirituel et qui ne pourra jamais se confondre ni se mélanger sainement avec l’émotionnel.  Le fruit de l’Esprit c’est aussi : « la maîtrise de soi ».