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Si la plupart des commentateurs de la Bible s’accordent pour dire qu’elle est l’expression de l’amour de Dieu pour la race humaine, il faut reconnaître objectivement que la Bible n’est pas que cela. Elle est aussi, et peut-être bien surtout, de par la densité des récits, l’histoire de désamour de l’humanité pour Dieu et par extension, celle des désamours violents entre humains. 

Si la divinité est un mystère sur lequel bon nombre de théologiens se sont penchés, l’humanité en est un autre, au moins aussi complexe. Comprendre Dieu, son amour pour la race humaine pourra occuper un être humain pendant  toute sa vie. Mais comprendre l’humain, ses réactions, ses motivations, ses comportements, ses sentiments suscitera au moins autant de passions, de débats, de réflexions et  d’interrogations.

La Bible c’est le livre qui contient un nombre incroyable de crimes, de meurtres, d’assassinats, qui tous peuvent susciter l’intérêt et permettre de dévoiler et un peu mieux comprendre cette mystérieuse nature humaine. Si un certain nombre des crimes relatés dans la Bible ont pour cause, soit l’absence de Dieu, soit la supposée présence de Dieu, soit la gloire de Dieu ou encore la honte qu’on veut lui imposer, il y a aussi des crimes gratuits, d’autres intéressés, certains sont politiques, religieux, crapuleux, incestueux, inspirés par la jalousie, la cupidité, l’envie, la colère ou encore la maladie. 

Les sciences de l’humain, autrement appelée, « science de l’âme » (psychologie, psychiatrie, ou encore psychanalyse) ne font rien d’autre que de mettre en évidence l’âme de l’humain et son comportement. L’âme a longtemps été le pré carré de la religion. Quand on voulait donner une définition de l’âme, on se référait uniquement au discours religieux. Puis la science, avec l’avènement de la psychanalyse et les travaux de Freud en particulier,  s’est emparée de ce sujet. Il est néanmoins notable que ces deux entités (religieuse et scientifique) qu’a priori tout oppose, donnent sensiblement, avec des mots différents, la même définition de l’âme. Je la résume simplement : « L’âme c’est ce qui détermine l’humain et le différencie de l’animal, ou du végétal. C’est le siège des sentiments, de la personnalité, du caractère d’une personne ». On comprend donc mieux que l’on peut avoir une âme malade, blessée, frustrée ou dans un autre registre, insensible,  désordonnée,  amputée, amère etc. On parlera dans certains cas de psychopathie, de schizophrénie,  de troubles du comportement, de sociopathie ou encore  de troubles de la personnalité limite (TPL), de troubles obsessionnels-compulsifs (TOC), de troubles de l'humeur, de dépression, de burn-out, de troubles bipolaires, de troubles stress post-traumatique (TSPT), sans oublier les troubles du comportement alimentaire (boulimie ou anorexie). 

Une âme malade va amener le corps à souffrir mais va aussi conduire à toutes sortes de dérèglements personnels pouvant aller jusqu’au suicide, ou de dérèglements familiaux, sociaux (crimes, viols, incestes, assassinats). 

Un homme de la Bible, qui sera lui aussi un criminel, avec une préméditation d’un cynisme incroyable, David, disait à Dieu : « Guéris mon âme » (Psaume 41/5), en d’autres termes : « Fais de la psychologie pour moi » !   

On comprend mieux l’importance de cette prière au regard de son histoire et de l’histoire criminelle contenue dans la Bible. 

Samuel Foucart