Exaucé à cause de sa piété

texte_podcats_formate

Hébreux 5/7

« Exaucé à cause de sa piété »

« C'est lui qui, dans les jours de sa chair, ayant présenté avec de grands cris et avec larmes des prières et des supplications à celui qui pouvait le sauver de la mort, et ayant été exaucé à cause de sa piété »

Introduction : plusieurs remarques s’imposent au sujet de ce texte :

  1. Jésus et sa piété ?
  • Quand on sait que la nature de Jésus était d’abord divine on pourrait penser légitimement que si quelqu’un n’avait pas besoin de piété c’est bien lui.
  • Oui mais sa nature était aussi parfaitement humaine, ce qui explique qu’il avait besoin d’une vie de piété exactement comme vous et moi.
  • Evacuons définitivement l’idée que Jésus était à part pour tout. Il a été exaucé par Dieu à cause de sa vie de piété, exactement comme vous et moi. Il aurait pu, venant du ciel, se passer d’une vie de piété et bien non, il en avait une.
  • La piété de Jésus se manifestait sous trois aspects : sa connaissance, donc sa lecture quotidienne des écrits bibliques. On sait que Jésus connaissait les textes bibliques, qu’il pouvait les citer de mémoire, en trouver la page rapidement (dans la synagogue) ; il se levait tôt pour prier, avant le coucher du soleil et puis il allait à la synagogue régulièrement.

 

  1. Jésus et l’exaucement ?
  • Pour nous, Jésus c’est celui qui exauce nos prières ; pour affiner un peu la doctrine, c’est par Jésus que Dieu exauce nos prières.
  • Quelle surprise de voir Jésus exaucé par Dieu. N’est-ce pas une évidence ? Non, la preuve ! Sa nature humaine l’a amené à vivre exactement dans les mêmes conditions que n’importe quel être humain. Quand Jésus, face au tombeau de Lazare déclare : « Je sais que tu m’exauces toujours », il déclare ce que vous et moi pouvons déclarer aussi. C’est-à-dire qu’il fait confiance au Dieu qui entend sa prière, avec qui il a l’habitude de parler et qu’il connaît.
  • Dans sa nature humaine Jésus n’a été en rien privilégié, il a dû passer exactement par le même chemin que vous et moi. Celui de l’exaucement, par définition, passe d’abord par le chemin de la prière et plus particulièrement par celui de la piété personnelle, quotidienne. Le seul risque que nous courrons à avoir un contact quotidien avec le ciel dans la piété personnelle, c’est d’être exaucé par Dieu. Risque béni.

 

  1. Jésus et les mérites ?
  • Evidemment que la question se posera à un moment ou à un autre concernant ce texte. C’est à cause de sa piété qu’il a été exaucé.
  • D’aucuns vont donc se précipiter sur ce texte pour en tordre allègrement le sens et lui faire dire ce qu’il n’a jamais dit : « Jésus a mérité son exaucement et la piété de Jésus a plu à Dieu donc il l’a exaucé à cause de cela » et de là, il n’y a qu’un pas pour réinstaller en grande pompe la doctrine des mérites.
  • Ce n’est pourtant pas du tout ce que ce texte déclare : il y a là une mécanique spirituelle qui est mise à jour et qui n’a rien à voir avec de quelconques mérites. Tu as une vie de piété, tu cherches la face de Dieu au quotidien, tu lui donnes tes soucis, tes fardeaux, tes peines. Dieu t’écoute, t’entend et te répond. C’est bien parce que Jésus a prié qu’il a été exaucé. C’est donc grâce à la prière que l’on vit l’exaucement et jamais à cause de la prière, nuance de taille. Ne pas chercher de mérite dans ce texte.
  • 100% des gens qui prient sont exaucés, pas toujours comme ils le veulent, ni comme ils ne l’entendent, ni même dans le temps qu’ils voudraient. Par contre 100% des gens qui ne prient pas ne sont pas exaucés. C’est ce que dit ce texte.

 

  1. Le meilleur moyen d’être exaucé ?
  • Clairement, c’est de suivre l’exemple de Jésus et d’avoir une vie de prière personnelle, collective au moins ponctuellement. C’est connaître le chemin qui mène à Dieu et ce au quotidien, lui parler tous les jours, en tenant compte de nos bons jours, comme de nos mauvais jours et pire encore de nos jours moyens.
  • Ce qui nous oblige forcément à reconsidérer le concept de « l’exaucement » ! Qui n’est jamais : « Dieu cédant à tous nos caprices, sinon on le boude » ! Ni davantage le complexe du « génie de la lampe d’Aladin » (connu sous le nom de syndrome d’Aladin) où Dieu est obligé d’exaucer tous nos vœux, dès qu’on frotte un peu la lampe de la prière ! Quel enfantillage, pourtant tellement répandu encore.
  • On n’a plus vraiment de problème avec l’exaucement, quand on a une piété régulière, une vie de prière quotidienne. Finalement, petit à petit, l’exaucement n’est plus notre problème mais celui de Dieu et il sait ce qu’il fait. Plus on connaît Dieu, qu’on l’adore, qu’on l’aime, qu’on s’approche de lui de son cœur, on sait trois choses : Il entend nos prières, il est bienveillant, il est fidèle ! A partir de là, l’exaucement est en route, il arrivera en son temps, le meilleur qui soit et il ne nous appartient pas d’être exigeant ou d’avoir des exigences dans ce domaine.

Conclusion : La vie de piété de Jésus n’était pas tout axée sur l’exaucement, qui devient parfois une idole ! Ni même sur les performances en matière de prière, toujours très relatives et discutables. Mais sa piété avait pour centre la personne de Dieu et c’est toujours là que le Saint-Esprit veut nous amener.