La communion fraternelle supérieure à l'amitié

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2 Samuel 1/26

« Je suis dans la douleur à cause de toi, Jonathan, mon frère ! Tu faisais tout mon plaisir ; ton amour pour moi était admirable, au-dessus de l'amour des femmes. »

Introduction : Pourquoi la communion fraternelle est elle supérieure à l’amitié ?

  1. Un texte si souvent mal compris, voir volontairement mal interprété.
  • Les paroles de David ont été si mal comprises. On a fait de David et de Jonathan le premier couple gay de l’histoire biblique.
  • Outre le fait que David n’a jamais dit cela, il parlait d’une amitié plus forte que tout ce que la nature humaine peut proposer.
  • Or sur un plan humain rien de plus fort que l’amour pour une femme quand on est un homme. « Tomber amoureux » ou « Tomber en amour » veut tout dire, il y a une forme de sidération irrationnelle. L’amour est plus fort que la mort.
  1. La communion fraternelle et l’amitié ?
  • Merci de ne pas confondre SVP ! Déjà que l’amitié, la vraie, la très rare est souvent confondue avec le copinage, les coteries et le non-respect de ce texte biblique « Mets rarement ton pied dans la maison de ton prochain, de peur qu'étant rassasié de toi, il ne te haïsse. » Proverbes 25/17.
  • La communion fraternelle est supérieure à l’amitié humaine aussi à cause de cet autre texte du livre des Proverbes : « Celui qui a beaucoup d'amis les a pour son malheur, mais il est tel ami plus attaché qu'un frère. » Proverbes 18/24. Ce texte n’est pas la négation de l’amitié humaine bien au contraire, il met l’accent sur sa rareté et sa qualité exceptionnelle se révélant dans le malheur, l’épreuve, la difficulté.
  • On le sait aussi les amis sont faits pour nous trahir. Personne n’a jamais été trahit par ses ennemis, ceux-là ont s’y attend, mais la trahison vient toujours de ceux que l’on considère comme « nos amis ».
  • Indéniablement l’histoire de Job est une référence dans ce domaine. Je ne doute pas un instant que Job considérait Eliphaz de Théman, Bildad de Schuach, et Tsophar de Naama, comme ses amis. Il s’est trompé lourdement. Et pourtant c’est dans le malheur qu’ils semblent prouver à Job leur amitié. C’est la fin de l’histoire qui nous le prouve.
  1. En quoi la communion fraternelle est-elle supérieure à l’amitié humaine ?
  • En tant que pasteur je me suis rendu compte assez vite qu’il était quasiment impossible d’avoir des amis (au sens humain et non dépourvu de noblesse) dans l’église. Vous me direz que c’est bien triste alors ! Et je vous répondrai que non, c’est heureux.
  • Avoir des « amis » dans l’église pour le pasteur suppose des passe-droits, des préférences, des différences de traitement. C’est impossible. Néanmoins ce serait farfelu de négliger le fait qu’on peut avoir plus d’atomes crochus avec certaines personnes qu’avec d’autres. Pourtant il y a mieux, la communion fraternelle dépasse tout ceci.
  • Cantique des degrés de David. « Voici, oh! qu'il est agréable, qu'il est doux pour des frères de demeurer ensemble ! C'est comme l'huile précieuse qui, répandue sur la tête, descend sur la barbe, sur la barbe d'Aaron, qui descend sur le bord de ses vêtements. C'est comme la rosée de l'Hermon, qui descend sur les montagnes de Sion ; car c'est là que l'Éternel envoie la bénédiction, la vie, pour l'éternité. » Psaume 133
  • Souvent les gens qui vous aiment bien sont déçus quand vous leur dites ne pas être leur ami, mais les aimer plus et mieux que cela : « Ah bon je ne suis pas ton ami ? » Non, mais j’ai tellement mieux à te proposer : la communion fraternelle
  1. Concrètement ?
  • La communion fraternelle décrite par David est d’ordre spirituel et ne fait pas appel au mécanisme habituel de l’empathie, de la sympathie, de l’affection ou des atomes crochus naturels, ni même des points communs. C’est la vie spirituelle qui crée ce lien mystérieux.
  • C’est ainsi que Paul « Voyant les frères », va reprendre courage. Ils n’ont pas prié, pas prêché, pas « fait du ministère », même pas chanté de cantiques : Actes 28/15 ; c’est de l’ordre du spirituel, du mystique au sens noble de ce mot, du mystérieux, du divin.
  • Ailleurs le même Paul, lapidé par des religieux jaloux, laissé pour mort par ses adversaires, va bénéficier d’un étrange miracle : « Les disciples l'ayant entouré, il se leva, et entra dans la ville. Le lendemain, il partit pour Derbe avec Barnabas. » Actes 14/20. Et là encore, à priori, pas de prière, d’imposition des mains, de folklore évangélique cher à certains, juste des disciples qui étaient là. Combien de fois nous a-t-on laissés pour mort et a-t-on été « entouré » de cette manière ! Pour ma part si souvent !
  • « Tandis que Pierre était ainsi détenu dans la prison, l’Église priait Dieu pour lui avec insistance. » Actes 12/1, Pierre dormait, il en avait besoin. La communion fraternelle c’est aussi concrètement prier pour l’autre, pour sa paix, son repos, sa délivrance, sans juger, sans équivoque, sans commentaire.

Conclusion : « Car là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux. » Matthieu 18/20. Ce texte aurait pu servir de base à ce propos, mais finalement en conclusion il est aussi très bien. La communion fraternelle passe, au-delà des chiffres, des grands rassemblements, par ce simple aspect des choses, 2 ou 3 peut être, mais c’est la présence de Jésus qui fait toute la différence.