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« Isaac était âgé de quarante ans quand il prit Rébécca pour femme » Genèse 25.20

« Isaac supplia l’Eternel pour sa femme parce qu’elle était stérile et l’Eternel l’exauça » Genèse 25.21

« Isaac était âgé de 60 ans à leur naissance » Genèse 25.26

« L’épreuve de votre foi produit la patience » Jacques 1.3

Nos déceptions viennent souvent de notre impatience. Nous avons appris, je ne sais où, que Dieu serait exclusivement et prioritairement le Dieu de l’immédiateté. D’où nos dépits et nos découragements. J’aime l’histoire d’Isaac, marié sur le tard. Il est légitime qu’il veuille des enfants. En Orient, une femme qui ne donne pas d’enfant à son mari est toujours un signe de malédiction. Il ne va pas attendre d’avoir 60 ans pour supplier - le terme original est très fort - son Dieu d’intervenir dans cette situation. Et le texte biblique laisse supposer que l’exaucement est immédiat. D’ailleurs, il l’est effectivement. Mais Isaac va devoir passer par l’hiver de l’attente - 20 ans - avant de voir le printemps de l’exaucement à 60 ans.  Ce sont nos impatiences qui nous font mal, et qui nous poussent au découragement.

Dans la vie personnelle, familiale, dans l’entreprise, dans la société, dans une nation comme dans une communauté, sans oublier la nature, tout est une affaire de rythme. Ne pas respecter les périodes, ne va jamais rien produire de bon. Pour dépasser cette règle, les êtres humains ont inventé les cadences infernales. Les usines tournent à plein régime tout le temps, nuit et jour. La pêche intensive fait des ravages imbéciles. La déforestation est à son comble et ne produit rien de bon, loin s’en faut. Le seul résultat visible, c’est qu’en cherchant à supprimer l’hiver, on  n’a plus de printemps 

Pensez-vous qu’il puisse en aller autrement avec notre « climat intérieur » ? Absolument pas ! Accepter les lois du temps, ce n’est ni du fatalisme, ni de la résignation, mais du bon sens et de la foi. Je crois aux miracles, mais lorsque ma femme était enceinte des enfants, je n’ai jamais demandé à Dieu de raccourcir la grossesse de 9 à 4 mois pour des convenances personnelles. Il y a des mûrissements personnels et intérieurs, secrets et intimes, que rien ne remplacera jamais. Laissez faire et laissez dire, il faut que l’hiver se passe, avant que le printemps n’arrive.

Personne ne construit une maison solide autrement que brique après brique. Pour monter un escalier, le faire marche après marche est aussi efficace que quatre à quatre et tellement moins fatiguant. Croire en plein hiver, quand tout est figé, que rien ne pousse, que plus rien ne bouge, que le Dieu que vous avez prié n’a pas perdu le contrôle et que le printemps de l’exaucement va arriver à son heure, en son temps. Dieu n’est jamais en retard.

Samuel Foucart